En Afghanistan, de vieux films sauvés des mains des talibans

Le régime fondamentaliste instauré en Afghanistan dans les années 90 a eu de profondes répercussions sur la société, à commencer par la suppression de tous les divertissements populaires. Pendant cette période, les talibans ont interdit la fréquentation des salles de cinéma ainsi que l’utilisation de télévision. Plusieurs bandes cinématographiques et archives musicales se sont également vues détruites.

Détenant des milliers de films en pellicule, l’Afghan Film faisait partie de l’une des victimes de cette agressivité accablante. Plusieurs ressources culturelles ont été brûlées dans cette société de production. Seulement, les talibans ne se doutaient pas que des employés ont pu dissimuler une bonne partie des bobines.

Cinéma

Une vingtaine d’années plus tard, on révèle que plus de sept mille films ont été bel et bien conservés dans les locaux de Kaboul.

Une initiative risquée

« Nous étions pétrifiés, mais grâce à Dieu, nous avons réussi à sauver les films et maintenant cette culture est vivante. » raconte Habibullah Alli, un des employés d’Afghan Film qui a participé à cette action patriotique. « S’ils avaient découvert que nous avions caché des films, ils nous auraient tués. » a-t-il ajouté.

Mohammad Ibrahim Arify, le directeur général de l’Institut, explique que les bobines étaient camouflées dans des boîtes portant le nom de films indiens ou occidentaux, ou dans des barils enterrés dans le sol… Beaucoup d’entre elles étaient stockées dans des pièces bloquées par des murs en brique ou dans de faux plafonds…

En cours de numérisation

Dirigée par Mohammad Ibrahim Arify, la numérisation de ces films est en cours de traitement. L’équipe d’Afghan Film se donne le défi de finir cette opération dans un délai de deux ans. Au total, elle a pu réunir 32 000 heures de films en 16 mm et 8 000 heures de film en 35 mm.

Par contre, la tâche s’annonce encore ardue pour leur classification. Plusieurs démarches sont encore nécessaires pour parvenir à cette étape, y compris la visualisation de l’intégralité de chaque film. Selon Fayaz Lufti, un employé de l’Institut, l’analyse d’un seul film pourrait prendre jusqu’à quatre jours.

Montrant les images de l’Afghanistan d’antan, un Afghanistan qui était paisible avant l’ère de la guerre, ces films ne pourront que rallumer l’espoir de ses citoyens. « Nous prendrons le risque d’aller aux quatre coins du pays. Nous voulons que nos enfants sachent comment les Afghans vivaient autrefois », a mentionné M. Arify.

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