En Amazonie, les premières tribus ont créé des milliers d’îles forestières artificielles

Une équipe de scientifiques venant des universités de Berne, d’Exeter, de Pompeu Fabra et de Pennsylvanie a découvert qu’une zone reculée située dans le sud-ouest de l’Amazonie fait partie des régions les plus anciennes du monde où les premiers Hommes ont commencé à s’essayer à l’agriculture.

Cette découverte a fait l’objet d’une étude qui a été publiée dans la revue scientifique Nature. Cette étude nous apprend notamment que les premières tribus qui ont élu domicile dans cette partie de l’Amazonie il y a 10 000 ans ont créé des milliers d’îles forestières artificielles pour cultiver des plantes.

La forêt amazonienne

Crédits Pixabay

D’après les scientifiques, des traces de cultures de manioc, de maïs et de courge ont été retrouvées dans cette région.

Des tribus à l’origine de 4 700 îles forestières

Umberto Lombardo, le principal auteur de l’étude, a déclaré que les tribus d’Amazonie étaient très avancées en termes d’agriculture à l’époque : « Dès leur arrivée, il y a 10 000 ans, les Hommes ont façonné le paysage pour y cultiver des plantes domestiquées. » Les scientifiques ont découvert que ces tribus ont créé 4 700 îles forestières dans une région connue aujourd’hui sous le nom de Llanos de Moxos, au nord de la Bolivie.

A l’époque, ces tribus savaient déjà adapter leur mode d’agriculture au climat de la région. Il faut savoir que cet endroit est inondé entre décembre et mars en raison des fortes pluies. Les îles forestières construites par ces tribus ressemblent à des mottes de terre circulaires surélevées sur lesquelles sont plantées les cultures afin de les protéger des inondations.

Des restes de cultures âgées de milliers d’années

Les scientifiques ont prélevé des échantillons de terre sur 30 de ces îles forestières pour déterminer les types de plantes qui y étaient cultivées. Ils ont découvert des restes de manioc âgés de 10 350 ans ainsi que des traces de courges et de maïs datant respectivement de 10 250 ans et de 6 850 ans.

Umberto Lombardo a déclaré que ces découvertes confirment certaines hypothèses des scientifiques.

« Les archéologues, géographes et biologistes soutiennent depuis de nombreuses années que le sud-ouest de l’Amazonie était un centre probable de domestication précoce des plantes. Cependant, jusqu’à cette récente étude, les scientifiques n’avaient ni cherché ni fouillé dans les sites archéologiques de cette région qui pourraient documenter la domestication précolombienne de ces cultures d’importance mondiale. »

Ces îles sont encore visibles aujourd’hui.