En Arizona, on veut financer le mur de Donald Trump avec… le porno

Gail Griffin vient de déposer un projet de loi obligeant les habitants de l’Arizona qui veulent accéder à la pornographie via leurs propres appareils à payer une taxe. La législatrice américaine a élaboré un plan financier visant à aider Donald Trump à construire le mur de la frontière mexicaine.

Cette loi contraindrait les vendeurs de matériels électroniques à installer un logiciel qui bloque tout accès à du « contenu obscène ».

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Les consommateurs de porno devraient alors débourser vingt dollars pour débloquer leurs appareils. Le projet de loi s’inscrirait dans le cadre de la « Loi relative à la traite des êtres humains et à la prévention de l’exploitation des enfants ». Il s’agit également d’une nouvelle tentative de réduire les diffusions pornographiques à travers des frais arbitraires et des amendes.

La sénatrice républicaine d’Arizona s’est fait entendre devant les Chambres. L’idée serait de financer une cause importante au niveau de l’État fédéral tout en dissuadant les citoyens de consommer voracement du contenu pornographique.

Une taxe porno à vingt dollars ?

La « taxe porno » est ainsi remise sur le tapis, et cette fois-ci, avec de nombreuses limitations. Le projet de loi stipule ainsi que « tous les appareils, qui ont accès à Internet, vendus en Arizona seront obligés d’installer un logiciel de blocage d’un contenu pornographique ». « Les distributeurs qui ne le feront pas seront coupables de délit de classe1 ». « Quiconque désactivera lui-même le système sera passible de poursuites judiciaires ».

Par ailleurs, les distributeurs et les détaillants pourraient imposer des frais supplémentaires pour le retrait du logiciel. Selon le « House Bill 2444 », ceux-ci permettraient d’aider les victimes d’agressions sexuelles et de financer le mur promis par le Président. Le texte définit le contenu pornographique comme du matériel « manifestement offensant » qui n’a « aucune valeur littéraire, artistique, politique ou scientifique ».

L’argent récolté serait déposé dans un fonds directement lié au Département de la Sécurité publique nommé « en l’honneur de John McCain », décédé en août dernier. Le montant serait ensuite distribué à différents programmes publics, comme la protection des victimes de crimes sexuels ou la prévention et le traitement des problèmes de santé mentale. Néanmoins, la priorité reste la «construction du mur pour la sécurité de la frontière ».

Mike Stabile, porte-parole de la « Free Speech Coalition », une organisation qui défend les intérêts de l’industrie du divertissement pour adultes, a réagi au projet de loi. D’après lui, celui-ci demande une taxe sur le contenu des médias et viole le premier amendement. « C’est un projet anticonstitutionnel qui n’est pas nouveau, mais le mur, oui », a-t-il déclaré.

Un pillage monétaire inconstitutionnel ?

L’idée serait née de Chris Sevier, un activiste « anti-porn » qui aurait tenté de se marier avec son ordinateur pour protester contre le mariage homosexuel et qui aurait poursuivi Apple pour « sa dépendance au porno ».

Cet homme a su convaincre des législateurs de plusieurs États d’introduire des lois restreignant la pornographie. Il a été le premier à avancer que chaque État pourrait personnaliser les factures.

Les avocats de l’ACLU ont qualifié ses tentatives de « pillage monétaire inconstitutionnel pour un filtre Internet » et de « tentative d’enfreindre les droits des personnes ». D’après l’« Electronic Frontier Foundation », ces propositions porteraient atteinte à la liberté d’expression.

Ces dernières années, des suggestions similaires ont été faites dans plusieurs États, dont la Virginie, le Kentucky et l’Alabama. Jusqu’ici, elles ont toutes été refusées par le Sénat.