En France, on a commencé à assembler une machine géante tournée vers la fusion nucléaire

Ce qui fait bouillir constamment le soleil, c’est l’énergie générée par la fusion des noyaux atomiques légers formant des noyaux plus lourds. Depuis un certain temps, les physiciens travaillent sur des concepts reproduisant ce mécanisme pour générer de grandes quantités d’énergie propre, tout en contribuant à la lutte contre le réchauffement climatique.

La France n’est pas en reste en ce qui concerne cette nouvelle technologie, accueillant en son sein la plus grande expérience de fusion nucléaire au monde.

Une série de plusieurs ampoules

Photo de Rodolfo Clix provenant de Pexels

Cette expérience multinationale révolutionnaire a été baptisée (ITER) pour « réacteur thermonucléaire expérimental international ». Les composants de la gigantesque installation, décrite par l’organisation comme « le plus grand puzzle du monde », seront montés dans la petite commune de Saint-Paul-les-Durance.

Pour l’heure, ITER est un projet expérimental avec cinq ans de retard par rapport à son calendrier et un budget triplé, atteignant 20 milliards d’euros. Il est également mal accueilli par certains écologistes, le voyant comme du gaspillage, ou parfois comme un simple fantasme scientifique.

ITER serait capable d’alimenter environ 200 000 foyers

Un personnel constitué d’environ 2 300 personnes a été sollicité pour les travaux d’installation de la grosse machine. Les experts pensent qu’ITER devrait atteindre sa pleine puissance en 2035. Néanmoins, dès qu’il sera au point, il devrait pouvoir reproduire la réaction attendue à une température d’environ 150 millions de degrés Celsius, soit 10 fois plus que le celle du Soleil.

Le réacteur devrait pouvoir générer environ 500 mégawatts d’énergie thermique. Cela équivaut à quelque 200 mégawatts d’énergie électrique en fonctionnement continu. Cette quantité est largement suffisante pour alimenter environ 200 000 foyers en énergie électrique.

Dans l’un de ses discours, le président français Emmanuel Macron a décrit cette alternative comme une source d’énergie « propre, sans carbone, sûre et pratiquement sans déchets ».

Quelques défis techniques qui restent à relever

À l’heure actuelle, les ingénieurs font face à différents défis liés à l’installation. Le plus complexe serait de maintenir l’énergie produite dans la cuve du réacteur et de la contrôler par un puissant champ magnétique.

« Chaque aspect de la gestion du projet, de l’ingénierie des systèmes, de la gestion des risques et de la logistique de l’assemblage de la machine doit fonctionner avec la précision d’une montre suisse », a déclaré Bernard Bigot, le directeur général d’ITER. « Nous avons un scénario compliqué à suivre au cours des prochaines années. »

Rappelons que le lancement du projet ITER date de l’année 2006. Le programme rassemble 35 pays, dont les États-Unis, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne, la Suisse, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et les 27 membres de l’Union européenne.

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