En Irlande, des eaux de baignade estampillées de bonne ou d’excellente qualité ne seraient finalement pas si saines

Les Escherichia coli, ou E. coli, sont des bactéries intestinales, que l’on retrouve très souvent chez les êtres humains et les mammifères supérieurs. Mais si la plupart des souches de ce microbe ne présentent pas de danger, certaines souches d’E. coli – comme les STEC (Escherichia Coli productrices de shigatoxines) – sont capables de produire des toxines qui peuvent être extrêmement nocives pour l’homme, ou qui peuvent même le tuer.

Le professeur Dearbháile Morris et le Dr Louise O’Connor, de la School of Medicine de lUniversité nationale d’Irlande, à Galway, ont en effet trouvé que malgré le fait que les eaux récréatives irlandaises aient été catégorisées comme étant sûres selon l’Union européenne, c’est en fait le contraire. Bon nombre d’entre elles contiennent des STEC et c’est assez inquiétant.

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Selon leurs études, en Irlande, des souches de STEC pouvant causer de graves problèmes sanitaires ont ainsi été repéré, que ce soit dans les eaux de mer, les eaux de rivière ou les eaux de lac. Les effets des STEC peuvent aller des infections intestinales hémorragiques aux syndromes hémolytique et urémique, mettant la vie de la personne infectée en grand danger.

Les infections à cause des STEC sont plus fréquentes en Irlande, comparées aux autres pays de l’UE

Depuis des années, l’Irlande se trouve être le foyer des infections dues aux STEC. En effet, il y a 3 ans, il a été rapporté que ces infections y ont été 10 supérieurs, par rapport à la moyenne de l’UE. Suite aux études menées par Morris et O’Connor, nous avons pu déterminer que les eaux récréatives jouent un rôle important dans tout cela.

Entre fin 2018 et octobre 2019, des échantillons de différents types d’eaux récréatives ont été récoltés, puis examinés, afin de connaître leur teneur en STEC. Au total, 75 échantillons ont pu être collectés.

Au total, 69 % de ces échantillons contenaient des marqueurs génétiques de STEC. 29 échantillons d’eaux de mer sur 52 étaient positifs aux tests. Quant aux échantillons d’eaux de rivière, 15 échantillons sur 14 contenaient des marqueurs génétiques de STEC. Enfin, 6 échantillons d’eaux de lac sur 8 étaient également positifs au STEC.

Une présence de pathogènes qui n’est pas forcément contrôlée malgré les risques

Il est important de noter que chacune des eaux qui ont été échantillonnées a été indiquée comme étant de très bonne qualité, selon les critères de qualité d’eaux récréatives de l’UE.

Que ce soit en Europe ou autre part dans le monde, la présence de STEC, dans les eaux récréatives, n’est pas fréquemment contrôlée.

Le professeur Morris précise que leur étude, consistant à chercher la présence de STEC dans les eaux récréatives d’Irlande, est une première. Cette dernière souligne la forte présence de ce dangereux pathogène dans chaque échantillon prélevé. Morris insiste sur la nécessité d’élargir ce type d’étude à l’échelle mondiale.

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