En Patagonie, les anciennes tribus ont aussi dû faire face au changement climatique

Les anciens habitants de la Patagonie ont dû faire face aux défis des changements climatiques, il y a des milliers d’années. Selon les scientifiques, il y aurait eu des bouleversements environnementaux majeurs au cours de l’Holocène. Ces tribus humaines de chasseurs-cueilleurs, qui ont vécu il y a entre 6 500 à 2 500 ans, se sont alors adaptées aux impacts de ces changements sur l’écosystème de la région.

Pour ce faire, il semblerait qu’elles aient mis au point des stratégies de survie particulières. En tout cas, c’est ce que suggère l’étude dirigée par l’archéologue Jimena Torres de l’université de Magallanes au Chili.

Un paysage de Patagonie

Photo d’Eric Carlson – Unsplash

L’étude a été portée sur quatre différents sites archéologiques, dont un de l’Holocène moyen (il y a 6 500 à 5 000 ans) et trois de l’Holocène moyen tardif (il y a 3 500 à 2 500 ans).

Les résultats de la recherche ont été présentés dans un article publié dans le Journal of Island and Coastal Archaeology.

Des bouleversements impactant sur les ressources et leur disponibilité

Des études antérieures ont prouvé que l’Holocène moyen était marqué par des températures élevées au niveau de la surface de la mer. Toutefois, cela aurait changé il y a 6 000 ans. Cette époque aurait été supplantée par une période néoglaciaire qui s’étendait entre il y a 5 500 et 4 500 ans.

Outre ces changements relativement à long terme, il y aurait eu des bouleversements au niveau des saisons, influençant sur les ressources naturelles et leur disponibilité.

Pourtant, les anciens Patagons ont réussi à construire des communautés stables et homogènes, malgré ces aléas naturels. Après avoir examiné les déchets qu’ils ont laissé traîner, les scientifiques savent que leur régime alimentaire était essentiellement basé des fruits de mer, comme les poissons et crustacés, et d’autres animaux comme les oiseaux de mer et les otaries.

Ce qui restait un mystère, c’était les stratégies qu’ils adoptaient pour s’adapter.

Pour l’occasion, les scientifiques ayant participé à la présente étude ont recueilli des échantillons de restes d’une espèce de poisson en particulier. Scientifiquement appelé Salilota australis et également connu sous le nom de « morue têtard », cet animal est abondant dans les eaux côtières de Patagonie.

De nouvelles techniques de pêche et des camps de chasse saisonniers ?

Afin d’avoir une idée du moment de l’année où les poissons ont été capturés, les chercheurs ont compté les anneaux de croissance appelés « annulaires » dans les arêtes des poissons. Le fait est que ces anneaux deviennent plus fins durant les hivers et plus épais pendant les saisons d’abondance.

L’équipe a utilisé 255 échantillons archéologiques et collecté 69 échantillons modernes afin de s’assurer de la fiabilité des résultats. Elle a découvert que les os de carpettes de têtards du site de l’Holocène moyen étaient ceux de poissons capturés durant les périodes les plus chaudes de l’année. Pourtant, sur les autres sites, les poissons semblent avoir été pêchés toute l’année, ou pendant les saisons froides. Cela signifie que les anciens Patagons ont revu leur stratégie et révolutionné leurs techniques.

Concrètement, les résultats suggèrent que cette modification de régime alimentaire était due au changement climatique, car les poissons étaient plus abondants. En parallèle, ces groupes humains auraient entretenu des camps de chasse saisonniers dans d’autres endroits. Ces lieux les auraient permis de tirer profit des migrations saisonnières des animaux et d’assurer une survie à long terme.

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