En Pologne, un archéologue a trouvé d’anciens bunkers soviétiques dans lesquels auraient été cachées des armes atomiques

Des bunkers soviétiques qui contenaient des armes nucléaires ont été découverts en Pologne. Datant des années 60, ils ont été soigneusement dissimulés dans les forêts et ne figurent pas sur les cartes. Les documents soviétiques de l’époque décrivaient les sites comme des centres de communication. Cependant, peu après leur construction, les bâtiments avaient disparu des archives officielles.

C’est l’archéologue Grzegorz Kiarszys, professeur à l’Institut d’histoire et de relations internationales de Pologne, qui a mené l’exploration de ces sites secrets. Il s’appuyait sur des images satellitaires déclassifiées de la CIA et sur des techniques de télédétection pour recueillir des indices sur l’organisation, la protection et l’évolution de ces vestiges de la guerre froide.

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Suivant les instructions et les plans fournis par les Soviétiques, la Pologne avait financé et construit les trois bunkers. Ensuite, elle a remis le contrôle des bâtiments aux troupes russes. « Après cela, seules les troupes russes ont eu accès à ces installations », a noté Kiarszys.

Des missiles destinés à être lancés dans certaines parties de l’Europe

L’archéologue a examiné trois installations abandonnées qui stockaient des armes nucléaires et hébergeaient du personnel militaire. La première se trouve dans la ville de Podborsko, une autre à Brzezńica Kolonia et la troisième à Templewo. Elles sont toutes ont été construites durant la même époque et de la même façon. Elles ressemblent aux bunkers que les Soviétiques utilisaient pour abriter des armes nucléaires en Allemagne de l’Est, en Tchécoslovaquie, en Hongrie et en Bulgarie.

« Ces missiles nucléaires étaient probablement destinés à être lancés dans certaines parties de l’Europe, en cas de guerre », a expliqué Kiarszys à Live Science. « La puissance des ogives variait entre 0,5 à cinq cents kilotonnes. Ces ogives devaient être utilisées sur le prétendu front nord, pour envahir la partie nord de l’Allemagne de l’Ouest et le Danemark. Si une situation exigeait le déploiement des ogives, elles seraient chargées dans des camions, conduites sur un aérodrome proche, puis montées sur des roquettes », a-t-il ajouté.

Des photos de surveillance par satellite ont également révélé un nombre similaire de bâtiments sur les trois sites, avec des fortifications, des abris pour voitures, des postes de contrôle et des points d’observation autour des bases. Dans chaque base semblent divisée en trois zones principales, la plus importante étant la zone restreinte abritant les bunkers. Celle-ci comportait également un garage, des casernes avec des logements, des salles de bain, des réfectoires, etc.

Des physiciens nucléaires ont effectué des études supplémentaires à l’intérieur des bunkers pour trouver des signes de radiation. Pourtant, aucune contamination n’a été détectée, probablement à cause des normes de sécurité imposées par les Soviétiques en matière de stockage des ogives nucléaires. Il se pourrait aussi que les chambres de stockage n’aient jamais été utilisées et que les armes nucléaires n’y aient jamais été confinées.

Des cartes détaillées des complexes de bâtiments

Tout cela aurait eu un rôle important sur l’échiquier mondial du temps de la guerre entre les superpuissances. L’étude de ces bâtiments abandonnés devrait dévoiler progressivement les secrets de la stratégie militaire russe pendant la guerre froide.

Des dizaines d’années de négligence et de vandalisme ont visiblement endommagé quelques structures des sites. Néanmoins, Kiarszys a pu reproduire les cartes détaillées des complexes de bâtiments qui auraient abrité des soldats avec leur famille.