Enfin un vaccin pour Ebola ?

Le premier cas d’apparition du virus Ebola chez l’homme date de 1976. Ces dernières années, il a fait des dizaines de milliers de morts en Afrique de l’Ouest. Puisqu’il se transmet facilement d’un humain à un autre, son expansion est difficilement maîtrisable. Néanmoins, un vaccin contre cet agent pathogène a finalement été approuvé.

Appelé Ervebo, il a été développé par le laboratoire américain Merck Shape and Dohme.

Vaccin

Crédits Pixabay

Ervebo a été testé sur les humains depuis 2003, lors d’une épidémie meurtrière. Il a été administré à 236.000 personnes, dont 60.000 soignants, sans autorisation officielle. Néanmoins, des résultats positifs ont été constatés. En octobre dernier, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a validé sa conformité aux normes relatives à la sécurité et à l’efficacité imposées par l’ONU.

Seize ans après le premier essai, la commercialisation d’Ervebo a finalement été autorisée par la Commission européenne.

Une seule injection suffit pour se protéger du virus

Ervebo est un vaccin vivant atténué. En effet, il s’agit d’une souche virale incapable de se reproduire et de provoquer une maladie. Une seule injection suffit pour neutraliser le virus Ebola. Fait à partir d’un virus de stomatite vésiculaire modifié génétiquement, il stimule des anticorps spécifiques qui empêchent l’agent pathogène d’infecter les cellules.

« C’est un vaccin au potentiel énorme », a déclaré Seth Berkley, directeur général de Gavi (un partenariat mondial de santé) à Genève, en Suisse, dans un communiqué de presse après la décision de l’EMA. « Il a déjà été utilisé pour protéger plus de 250 000 personnes en RDC et pourrait bien faire en sorte que les grandes épidémies d’Ebola appartiennent au passé. »

Un autre vaccin va être testé sur le terrain

Selon les experts, il serait préférable d’adopter la méthode de vaccination en anneau, qui privilégie les contacts sociaux plutôt qu’une zone géographique. Elle consiste à vacciner tout individu en contact avec un malade clairement diagnostiqué. Ensuite, les personnes qui ont été en contact avec cet individu (appelés « voisins ») doivent également être vaccinées.

Cependant, la seule limite d’Ervebo est qu’il n’offre pas une immunité contre la souche Soudan du virus. Il ne protège que contre la souche Zaïre qui a récemment fait des ravages au Congo.

Par ailleurs, des chercheurs travaillent sur un autre vaccin contre ce fléau, mais il nécessite encore un rappel 56 jours après la première injection. À l’heure actuelle, ce second vaccin, fabriqué par Johnson & Johnson, n’est qu’au stade expérimental. Toutefois, il est sur le point d’être testé sur le terrain.

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