Enquête antitrust : Les GAFA refusent de répondre à certaines questions du Congrès

Les quatre géants de la technologie Google, Amazon, Facebook et Apple font actuellement l’objet d’une enquête antitrust menée par le Congrès américain en raison de préoccupation sur leur domination du marché technologique au préjudice d’éventuels concurrents naissants et la manière dont ils gèrent les données confidentielles des utilisateurs.

Selon les informations de Reuters, le Congrès avait envoyé une série de questions aux GAFA mardi dernier pour expliciter plusieurs points. Si les firmes ont bien voulu répondre à certaines d’entre elles, elles se sont abstenues de répondre à d’autres en donnant des réponses brèves ou en déclarant juste « ne pas pouvoir fournir les informations spécifiques demandées ».

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Le Congrès américain a notamment posé des questions sur la suppression de certaines applications tierces, de la relation des entreprises avec leurs prestataires et leur collecte des données de localisation des utilisateurs.

Google accusé de privilégier ses propres services par rapport à ses concurrents

Google, qui rappelons-le possède YouTube et a pour société mère Alphabet, a été accusé par le Congrès américain de privilégier ses propres services dans son navigateur de recherche et sa plateforme de vidéos. Accusations que le géant de la recherche réfute entièrement puisque, dans ses écrits, il déclare que « la grande majorité » des clics sur son moteur de recherche vont sur d’autres sites que le sien et que les résultats obtenus sur sa plateforme YouTube n’étaient pas plus importants que ceux de ses concurrents. De plus, Google assure que ses outils de traitement de texte et d’analyse ont été conçus pour fonctionner sur tous les navigateurs, hormis Chrome.

Outre cette question de visibilité, de clics et de traitement de données, Google atteste également que ses outils publicitaires profitaient en partie à ses annonceurs grâce à un meilleur ciblage des consommateurs, mais que cela n’affectait pas « de manière significative » ses concurrents car il avait déjà pris des mesures pour uniformiser les règles du jeu.

Néanmoins, Google s’est abstenu de fournir une grande partie des données demandées par le comité à l’instar des informations de localisation. La firme s’est effectivement défendue en arguant n’avoir aucune définition standard de ce que sont les « données de localisation », du coup, elle a déclaré ne pas pouvoir « fournir les informations spécifiques demandées ».

Facebook reconnaît supprimer des applications concurrentes

Du côté de Facebook, le réseau social a admis avoir supprimé certaines applications tierces ayant copié des fonctionnalités essentielles proposées par ses services. C’est le cas, par exemple de Vine qui a été rayé par Twitter pour avoir copié un produit Facebook. Toutefois, le réseau social le plus utilisé au monde n’a fourni que peu de réponses au sujet de son comportement vis-à-vis de ses éventuels concurrents.

Le comité du Congrès chargé de l’enquête antitrust a, par exemple, demandé à Facebook d’expliquer et détailler les « circonstances exactes » qui l’ont poussé à supprimer les applications comme Phhhoto, MessageMe, Voxer ou encore Stackla. Le réseau social s’est juste contenté de dire que ces applications avaient enfreint ses règles.

Apple évasif sur son investissement dans son application cartographique

Apple eut droit à des questions sur son navigateur et les commissions que lui rapportait son App Store

La firme à la pomme avait reçu des questions concernant le fonctionnement de son navigateur, les commissions qui lui revenaient via son AppStore et d’autres problèmes généralement connus. Toutefois, interrogé sur le montant qu’il a dépensé pour mettre au point son application cartographique pouvant rivaliser avec Google, Apple a seulement déclaré que cela lui avait coûté « des milliards » sans plus de précision.

Amazon accusé d’utiliser les données de ses marchands pour fabriquer des produits maison

Concernant Amazon, si l’entreprise de commerce en ligne n’a pas nié avoir utilisé les données agrégées des vendeurs de son site à des « fins commerciales », il refuse cependant d’avoir utilisé ces données pour concevoir et commercialiser des produits similaires à ceux de ses vendeurs, mais sous sa propre marque.

Le dimanche 29 septembre dernier, l’entreprise a annoncé qu’il y avait environ 384.000 comptes de vendeurs individuels actifs sur son site d’e-commerce, et 514.000 comptes de vendeurs professionnels actifs éparpillés aux États-Unis. L’entreprise avait également reconnu qu’elle avait exigé des tiers marchands de baisser leur prix sur son site d’e-commerce dans le cas où ces marchands vendaient leurs articles moins chers sur d’autres sites Internet.

Malgré tout, Amazon refusa de communiquer au comité le nombre de produits Amazon commercialisé à un prix égal ou inférieur à ceux des tiers vendeurs, ainsi que le montant des revenus et bénéfices générés par Amazon via ses produits ou en vendant des produits de marques privées. Toutefois, l’entreprise a dévoilé commercialiser environ 158.000 produits de 45 marques privées ainsi que des articles de marques privées pouvant être livrés via son service de livraison Amazon Fresh.