Sur xHamster, la modération est en partie bénévole et c’est un problème

xHamster fait partie des sites pornos les plus fréquentés au monde, attirant chaque mois des millions d’utilisateurs. Comme à peu près tous les autres tubes spécialisés, il a construit son catalogue grâce aux internautes, en les laissant téléverser leurs propres vidéos.

Un principe qui lui a été profitable, mais qui pourrait bien se retourner contre lui comme en témoigne l’enquête menée par Vice.

Une femme se tenant le visage dans la pénombre
Photo de Juan Pablo Serrano Arenas provenant de Pexels

Une enquête qui laisse apparaître d’importantes failles dans le système de modération de la plateforme.

xHamster, une modération participative

Vous le savez, en ce moment, les plateformes de divertissement pour adultes font face à une vraie levée de boucliers.

Tout a commencé en fin d’année dernière avec une enquête menée par le New York Times. Une enquête visant Pornhub et révélant la présence de nombreux contenus illégaux dans son catalogue. Des contenus pouvant être apparentés à du revenge porn ou montrant des actes sexuels impliquant des personnes mineures, et non consentantes.

Suite à ces révélations, MindGeek s’est retrouvé en fâcheuse posture. Pornhub a en effet perdu le soutien de Visa et MasterCard et il a été obligé de supprimer une bonne partie de son catalogue. Pour donner le change et revenir dans les bonnes grâces de ses partenaires, il a en effet choisi de se délester de tous les contenus uploadés par les utilisateurs non enregistrés.

Un exemple qu’ont suivi d’autres plateformes comme Xvideos, avec des résultats finalement très mitigés.

Des modérateurs bénévoles non formés

Et à présent, c’est donc xHamster qui se retrouve dans une position peu enviable après la publication d’une enquête réalisée par Vice.

Pendant plusieurs semaines, les journalistes du média ont en effet travaillé pour le compte du géant, comme modérateurs bénévoles.

En effet, pour distinguer le bon grain de l’ivraie, xHamster a choisi de s’appuyer sur la bonne volonté de ses utilisateurs. Et plus précisément sur sa communauté. Toute personne étant inscrite sur le site depuis plusieurs mois et ayant déjà publié du contenu dans son catalogue peut donc demander à devenir modérateur.

Modérateur bénévole, qui plus est. D’après Vice, seuls les modérateurs chargés d’examiner les vidéos sont en effet payés. Or le catalogue de xHamster ne se limite pas aux séquences et il comprend aussi de nombreuses images érotiques ou même pornographiques.

Un guide incomplet

Il leur est ensuite présenté une série de photos, qu’ils peuvent valider ou refuser suivant la scène dépeinte. Seul problème, les modérateurs ne suivent aucune formation et le guide qui leur est remis les incite plutôt à faire preuve de souplesse. Comme l’expliquent nos confrères, il leur est en effet demandé de “ne supprimez aucun contenu si vous n’êtes pas sûr à 100 % qu’il est illégal“. Concrètement, donc, si une photo montre une personne qui semble un peu trop jeune, ils doivent vérifier son âge légal avant de la supprimer. Ce qui est bien entendu très difficile, sinon impossible.

Pire encore, si le guide encourage – logiquement – les modérateurs à supprimer tous les contenus dépeignant des viols, de la violence ou du sang, il interdit aussi les “vrais” étranglements et les “vrais” pleurs. Mais voilà, comme l’expliquent nos confrères, il est extrêmement difficile de faire la distinction entre des pleurs mis en scène et de vraies larmes, si bien que le contenu associé est peu modéré.

Pour ne rien arranger, la version du guide qui leur avait été transmis n’évoquait pas la question du voyeurisme non consensuel, comme si le sujet était trop épineux. Interrogés, les administrateurs ont même répondu aux journalistes de Vice, ou plutôt au faux profil qu’ils avaient créé pour l’occasion, que les caméras cachées, les vidéos voyeuristes ou même les upskirts (vidéos montrant les dessous d’une femme sans son consentement) étaient tolérées.

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