Entre les deux Corées, il existe un village fantôme

Kijong-dong, ou le Village de la Paix, c’est le nom donné par les Nord-Coréens à ce petit village qui se trouve de leur côté près de la zone démilitarisée. Du côté sud toutefois, les troupes de la coalition internationale l’appellent plutôt le Village de la Propagande.

Il s’agit d’un endroit constitué d’un ensemble de buildings de grande taille et de constructions plus petites, avec le tout entouré de vastes champs de culture. On pourrait penser qu’il s’agit d’une très belle petite ville montrant à quel point il est agréable de vivre du côté nord de la frontière, mais les Sud-Coréens pensent plutôt que ce n’est en fait qu’une façade utilisée comme instrument de propagande.

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Certains pensent également que le mystère qui entoure ce village « fantôme » était en 2018 une métaphore pour les athlètes de la Corée du Nord qui sont allés participer aux Jeux Olympiques d’hiver de Pyeongchang.

Une façade créée de toutes pièces ?

Depuis longtemps, la Corée du Sud affirmait que Kijong-dong n’était pas habité, mais était plutôt occupé par des hommes de l’armée du nord. Selon le Cmdr. Robert Watt des forces alliées du sud, certains des bâtiments ne sont que des pièces de décoration avec des fenêtres peintes. Il y a aussi certaines des constructions qui semblent n’être que des coquilles vides. En effet, durant la nuit, on peut voir que les fenêtres des étages supérieurs sont bien éclairées, mais plus on descend d’un étage, plus la luminosité diminue. Cela signifierait que les bâtiments n’ont ni murs ni planchers à l’intérieur, mais sont complètement vides.

À part l’effet produit par les bâtiments et les lumières, de la musique est aussi jouée par des haut-parleurs géants et un drapeau de la Corée du Nord est porté très haut au milieu du village. Selon Watt, tout cela a été créé pour convaincre les Coréens du Sud de fuir vers le nord puisqu’on y vit bien.

Les jeux de Pyeongchang, un pas de plus vers la réunion ?

Au cours des jeux d’hiver de 2018, 22 athlètes de la Corée du Nord avaient participé dans des disciplines comme le hockey féminin ou encore le patinage artistique. Cela a provoqué une multitude de réactions. Certains y voyaient une publicité de la part des dirigeants nord-coréens tandis que d’autres pensaient que c’était une occasion d’en savoir plus sur ce pays assez mystérieux. En tout cas, personne ne s’attendait à ce que le pays participe à l’événement jusqu’à ce que Kim Jong Un lui-même fasse des remarques allant dans ce sens au cours d’un discours de Nouvel An. C’est à partir de là que les négociations ont commencées pour permettre à un groupe d’athlètes et de personnels techniques de la Corée du Nord de venir aux jeux.

Tout au long de l’événement, ceux qui voulaient avoir plus d’informations sur le pays de Kim Jong Un ont été déçus puisqu’on peut dire que les Nord-Coréens ont su tenir leur langue. Peu d’informations ont par exemple été données concernant les athlètes. Il y avait peu de détails et les réponses aux questions concernant leur vie personnelle ou encore leurs hobbies étaient vagues. Les conférences de presse après les matchs n’étaient pas mieux puisque les journalistes avaient été préalablement avertis que les participants pourraient refuser de répondre à certaines questions sensibles.

Une des particularités de cette édition des Jeux Olympiques d’hiver a aussi été le fait que les deux Corées ont uni leur force en hockey féminin, ce qui faisait partie des points indiqués dans l’accord entre les deux pays. Cela a eu un effet assez positif sur les athlètes des deux côtés puisqu’elles ont pu partager beaucoup de choses au cours de cette courte période.

Cela se passait en 2018 et on attend encore d’éventuelles étapes qui pourraient mener vers une réconciliation. Jusque-là, le village Kijong-dong nous rappelle que la péninsule coréenne est encore divisée en deux parties bien distinctes.