L’ESA veut aussi son lanceur réutilisable

Désormais, les agences spatiales nationales ou commerciales s’intéressent de plus en plus au concept de lanceurs réutilisables. L’avantage de ces engins est qu’ils permettent de réduire le coût de la navigation. En facilitant ainsi l’accès à l’espace, cette nouvelle technologie aidera à y renforcer la présence de l’humanité.

Aux dernières nouvelles, c’est l’Agence spatiale européenne (ESA) qui décide de s’offrir son propre lanceur réutilisable.

Un satellite orbitant autour de la Terre
Crédits Pixabay

Le début de ce projet spatial européen a été marqué par un contrat récent de 33 millions d’euros avec le géant français de l’aérospatiale ArianeGroup. La phase initiale du projet, qui porte le nom de « Themis », consiste à préparer les véhicules de vol et le banc d’essai, ainsi qu’à réaliser des démonstrations de tir statique. Ensuite, il faudra procéder aux tests de saut au Centre spatial d’Esrange à Kiruna, en Suède.

Themis mesure 30 m de haut et 3,5 m de diamètre. Il fonctionne avec 130 tonnes d’oxygène liquide (LOX) et de méthane. L’engin sera doté de trois moteurs Prometheus fabriqués par ArianeGroup, avec ses partenaires en Belgique, en Suisse, en France et en Suède.

Pour réduire le coût de l’accès à l’espace

L’espace constitue un terrain stratégique essentiel dans le domaine militaire, scientifique et économique. À l’heure actuelle, la course est rude entre les grandes puissances ayant la capacité de se lancer dans sa conquête. Pour l’ESA, comme pour la NASA avec Artemis, le but est maintenant de déployer des missions sur la Lune, voire plus loin.

Le programme Themis a initialement été institué suivant les recommandations du Conseil ministériel sur l’espace à Séville, en Espagne. Cet organisme a particulièrement souligné l’intérêt des véhicules spatiaux réutilisables pour faciliter l’exploration spatiale.

« Themis fera progresser les technologies-clés et démontrera la capacité des engins réutilisables en Europe. La création des options supplémentaires réduira le coût de l’accès à l’espace et augmentera la variété de services de lancement. »

Daniel Neuenschwander, directeur du transport spatial de l’ESA

Un engin spatial écoresponsable ?

Le moteur du nouvel engin génère 1000 kilonewtons (kN) de poussée variable. Un ordinateur de bord assurera la gestion et la surveillance du moteur en temps réel. La fin de la phase initiale est prévue pour 2023. Les essais en vol suborbital s’ensuivront au port spatial européen de Kourou, en Guyane française.

« Themis démontrera la possibilité d’avoir des lanceurs à faible coût tout en contribuant à la production de l’énergie plus écoresponsable dans le secteur spatial. Il sera propulsé par un moteur qui fonctionne avec de l’oxygène et du méthane liquide ou des combinaisons oxygène/hydrogène. »

André-Hubert Roussel, le PDG d’ArianeGroup

Mots-clés esa