Et le champion de la pollution plastique serait finalement… les Etats-Unis

Les déchets plastiques constituent assurément un gros problème pour l’humanité. Outre la longue durée qu’elle nécessite pour se dégrader, la production actuelle de la matière fait que nous en créons plus au lieu d’en recycler. À la tête de ce « nous », il y a apparemment les États-Unis. Les détails de l’étude qui a mené à cette conclusion ont été récemment présentés dans le journal Science Advances.

Une étude sortie en 2010 avait placé les États-Unis à la 20e place du classement des pays produisant en grande quantité des déchets plastiques qui ne sont pas correctement gérés.

Une poubelle remplie de déchets plastiques

Crédits Pixabay

Cependant, un fait majeur n’a pas été pris en compte par les chercheurs : beaucoup de pays, à l’instar des États-Unis, ont l’habitude d’exporter les leurs vers les autres pays, notamment ceux de l’Asie comme la Malaisie, la Thaïlande ou encore la Chine. Et cela change la donne.

Des déchets en très grande partie exportés …

Le paramètre précédemment cité a été rectifié et il a été établi que, par rapport aux résultats de 2016, les chiffres basés sur les données de 2010 ont été quadruplés.

Dans la récente étude, Nick Mallos, directeur du programme de l’Ocean Conservancy’s Trash Free Seas et coauteur de ces travaux, précise qu’en moyenne, un Américain produit 127 kg de déchets plastiques par an, suivi des Européens avec  54 kg et 20 kg pour les Indiens. Ce qui propulserait finalement les États-Unis à la tête du classement.

D’après les auteurs, les États-Unis ont dépassé des pays comme le Vietnam et la Chine, qui étaient jusqu’alors considérés comme les plus pollueurs, question plastiques. En 2016, la nation américaine a exporté deux millions de mètres cubes de déchets plastiques (plus de la moitié de sa production). Et sur ces deux millions de mètres cubes, la moitié va apparemment finir par se retrouver dans la nature.

… et très mal gérés une fois exportés

À la base, les déchets exportés sont supposés être recyclés. Toutefois, les pays destinataires n’ont pas, dans la majorité des cas, la capacité et la compétence pour les gérer correctement. Ainsi, le vent et les eaux auront le temps de charrier les plus légers des plastiques, avant que ces derniers ne passent sous les dents des machines de recyclage (certains n’y passeront tout simplement pas).

En outre, ces déchets plastiques ne sont exploitables qu’à un taux de 75 à 85 %. Ce qui a d’ailleurs conduit la Chine à limiter les déchets plastiques entrant sur son territoire aux matières de qualité supérieure, il y a quelques années. Ce qui a fini par surcharger les autres pays qui en reçoivent.

Pour se sortir de cette situation, il nous faudra revoir sérieusement la question de la gestion de ces déchets, surtout ceux plastiques. En priorité, repenser à des méthodes et des circuits de recyclage plus efficaces ne serait pas si bête. En effet, en 2017, les résultats d’une étude ont indiqué que seulement 9 % des déchets plastiques du monde ont été recyclés. Un chiffre qui force la réflexion.

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