Et si la prochaine pandémie nous venait de Mars ?

Scott Hubbard, professeur adjoint en aéronautique et en astronautique à l’Université de Stanford, mais aussi ancien directeur de NASA Ames, est le co-auteur d’un rapport publié le mois d’avril dernier par le National Academies of Sciences, Engineering and Medicine. Ce rapport discute des dernières découvertes et recommandations concernant la protection de la Terre, ainsi que des autres planètes, face à des contaminations biologiques éventuelles venant d’un autre monde.

Dans le rapport, Hubbard et ses collègues parlent de la situation actuelle avec les entrepreneurs comme Elon Musk qui ont de grands projets spatiaux, et les éventuelles retombées en termes de contamination. Ils mettent aussi l’accent sur les risques biologiques pouvant venir de Mars, surtout avec la NASA qui se prépare à ramener des échantillons provenant de la Planète Rouge sur Terre.

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Le rapport donne également des recommandations sur les actions que la NASA devrait entreprendre afin de garder un minimum de contrôle sur les activités menées par le secteur privé en termes de protection contre la contamination planétaire.

Les recommandations proposées dans le rapport

Selon les auteurs du document, on peut voir aujourd’hui que le secteur privé est de plus en plus intéressé par le secteur spatial. Il y a par exemple les cubesats et les smallsats qui sont de plus en plus nombreux à être envoyés dans l’espace, et il y a surtout SpaceX qui projette d’envoyer des humains sur la planète Mars d’ici 2024. Tout cela exige que l’on renforce les procédures de protection contre les potentielles contaminations pour éviter des catastrophes sanitaires.

Ainsi, il serait recommandé que la NASA et tous les acteurs impliqués joignent leurs forces par rapport aux activités ayant lieu dans l’espace profond. Les auteurs ont conclu que le « Outer Space Treaty » s’appliquait à la fois au gouvernement et au secteur privé. De plus, un organisme du gouvernement américain devrait superviser et autoriser les activités privées dans l’espace, et ce de façon continue.

A part cela, le rapport conseille à la NASA de mener des recherches pour savoir s’il existe une « zone d’exploration » martienne où les astronautes pourront atterrir, et surtout, où une potentielle contamination ne causera aucune conséquence grave. Les combinaisons des astronautes pourraient en effet présenter des fuites qui contamineraient la surface martienne avec des microbes terrestres.

Le cas des échantillons de sol martien

Pour ce qui est de la mission dont le but est de ramener des échantillons de sol martien sur Terre, le document rédigé par Hubbard et son équipe parle des actions déjà entreprises par la NASA pour éviter les risques pour la Terre. Tout d’abord, le matériel qui partira de la Terre doit être nettoyé en profondeur. L’on sait déjà que les tubes qui contiendront les échantillons à bord du rover Perseverance ont été stérilisés à haute température.

Pour le retour, la NASA fait des efforts pour éviter autant que possible le contact entre les échantillons et l’engin qui va les ramener sur Terre. L’agence développe par exemple des techniques de soudure et de scellement autonomes pour pouvoir obtenir un confinement à trois ou quatre niveaux.

Hubbard a indiqué que selon lui, il y a très peu de chances que des rochers provenant de Mars ayant des millions d’années contiennent des formes de vie actives. Toutefois, cela ne veut pas dire que les scientifiques vont les manipuler sans prendre de précautions.

Plus le temps passe, et plus on se rapproche du moment où l’on pourra examiner des échantillons venant de la planète Mars de façon directe. Cette décennie verra peut-être également l’arrivée des premiers humains sur la Planète Rouge. Il est ainsi d’une importance capitale d’établir des protocoles rigoureux afin d’éliminer tout risque de contamination.

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