Et si la Terre avait ensemencée la galaxie ?

À ce jour, il n’y a aucune preuve de l’existence de la vie telle que nous la connaissons ailleurs dans l’univers, et ce malgré tous les efforts fournis par les astronomes du monde entier. Pourtant, une paire d’astrophysiciens de Harvard vient de proposer une nouvelle théorie qui explique comment la vie aurait pu se propager à travers l’univers, depuis la Terre.

La nouvelle théorie est proposée par deux astrophysiciens de l’Université de Harvard, Amir Siraj et Avi Loeb.

La Terre vu de l'espace.

Crédits Pixabay

Voici comment la vie a pu voyager de la Terre à d’autres galaxies

Selon cette théorie, il y a des millions ou des milliards d’années, une comète géante se déplaçant à très grande vitesse a traversé l’atmosphère terrestre, à plusieurs dizaines de kilomètres au-dessus de la surface de la planète.

À cette hauteur, la comète ne pouvait pas brûler comme une boule de feu, mais elle a été suffisamment ralentie par l’atmosphère pour que certains microbes extrêmement robustes qui flottaient à cette altitude aient pu survivre à la collision avec la boule de glace.

Par un processus que les deux scientifiques n’expliquent pas, ces microbes terrestres ont pu s’enfouir profondément dans la surface poreuse de la comète, au point d’être protégés du rayonnement de l’espace profond lorsque la comète s’est propulsée loin de la Terre et finalement hors du système solaire.

La comète a ensuite mis des dizaines de milliers, voire des millions d’années, pour atteindre un autre système solaire comportant des planètes habitables.

La comète s’est enfin écrasée sur l’une de ces planètes, libérant les microbes qu’elle transportait dont certains étaient encore vivants. Créant ainsi un nouvel avant-poste pour la vie dans l’univers.

Rien ne prouve qu’un tel scénario se soit déjà produit, et il y a de nombreuses raisons d’être sceptique. Pourtant, Siraj et Loeb affirment dans leur document qu’au moins la première partie de cette histoire, c’est-à-dire le dépôt de microbes sur une comète éjectée du système solaire, a pu se produire entre une et quelques dizaines de fois dans l’histoire de la Terre.

Selon eux, bien qu’il y ait beaucoup de travail à faire pour étayer leur conclusion, elle devrait être prise au sérieux.

Une théorie qui suscite quelques réserves

L’idée que la Terre ait pu propager la vie dans le reste de l’univers ne convint pas tout le monde. C’est le cas notamment de Stephen Kane, un astrophysicien de l’Université de Californie à Riverside, qui a confié à Live Science qu’il était profondément sceptique quant à la théorie avancée par Siraj et Loeb. Le premier problème selon lui se situe au moment où la comète percuterait l’atmosphère.

La théorie suggère que certaines bactéries peuvent survivre à des accélérations extraordinaires et s’introduire dans la comète. Mais le mécanisme précis qui leur permettrait de le faire n’est pas clair, surtout que les forces aérodynamiques autour de la comète pourraient empêcher les microbes d’atteindre la surface et de pénétrer suffisamment en profondeur sous la surface pour être protégés des radiations.

La plus grande question, cependant, selon Kane, concerne ce qui se passe après que les microbes se soient accrochés à la comète. Il est plausible, dit-il, que certaines bactéries puissent survivre des décennies dans l’espace – suffisamment longtemps pour atteindre, disons, Mars. Mais il y a peu de preuves directes qu’une bactérie puisse survivre aux milliers voire millions d’années nécessaires pour voyager vers un autre système stellaire habitable. Pourtant c’est l’idée centrale même de la théorie de Siraj et Loeb.

Si Siraj ne conteste pas avec force les préoccupations de Kane, il estime cependant que ces interrogations sont justement des opportunités pour des études plus poussées.

Mots-clés exobiologie