Et si le nucléaire avait sa place dans notre expansion vers d’autres mondes ?

La conquête de l’espace fut depuis longtemps un rêve pour l’homme. Et on est peut-être près d’y arriver, à en croire les nombreux projets en préparation pour envoyer des humains sur Mars ou sur la Lune. Cette fois pour y habiter, au moins un certain temps.

La question de l’alimentation en énergie reste néanmoins l’un des plus grands défis auxquels on aura à faire face. Et apparemment, le nucléaire serait un excellent candidat pour ce genre de projet. Ce serait même la clé de la réussite, selon des chercheurs, si l’on veut coloniser d’autres mondes.

Crédits Pixabay

Un récent article paru dans le magazine hebdomadaire de l’American Chemical Society, a en effet indiqué que les réacteurs à fission nucléaire ont le plus de potentiel pour fournir suffisamment d’énergie aux futures colonies humaines installées hors de la Terre.

Le nucléaire serait une source d’énergie potentiellement exploitable

Comme on a pu le constater lors de différentes missions spatiales, le Soleil peut très bien être exploité en tant que source d’énergie renouvelable. Et ça marche très bien dans l’espace.

Mais une fois sur la Lune ou sur Mars, des facteurs comme la poussière ou une faible exposition à la lumière solaire seront à considérer. Dans bien des cas, il faut bien l’avouer, l’efficacité de cette technologie ne sera pas au rendez-vous, même si un développement conséquent a récemment réalisé dans ce domaine.

Et c’est là que l’énergie nucléaire entre en jeu.

Le premier élément dont il faudra tenir compte sera alors d’assurer la sécurité lors du transport de la source énergétique. Et une fois arrivée à bon port, il faudra qu’on puisse l’exploiter malgré des conditions in situ qui seront sûrement particulièrement rudes.

Plusieurs scientifiques issus du National Laboratory de Los Alamos (Nouveau-Mexique), de la NASA et du Département américain de l’énergie ont ainsi collaboré depuis 2010 pour mettre au point un mini-réacteur à fission nucléaire, capable de développer 10 kilowatts d’énergie. Une puissance que les chercheurs estiment être un minimum requis pour alimenter en électricité une installation hors de la Terre .

Depuis 2010, une équipe de scientifiques américains est sur le coup

Ce mini-réacteur créé de la chaleur par le biais de la fission nucléaire pour la convertir en électricité, grâce à des moteurs à pistons. Les chercheurs utilisent pour ce faire, un cœur renfermant du molybdène et de l’uranium particulièrement enrichi.

Toutefois, après un test réalisé en 2018, les résultats ont montré que ce procédé n’est pour le moment pas en mesure de fournir que 5 kilowatts d’énergie, ce qui est insuffisant. Des améliorations qui permettront à ce prototype d’atteindre les 10 kilowatts nécessaires sont donc prévues.

Ils précisent également qu’un blindage spécifique sera conçu, ce qui permettra de réduire la quantité de particules alpha émises par le cœur du réacteur à fission nucléaire. Le transport de combustibles fossiles depuis la Terre sera ainsi totalement sûr.

Cependant, ce qu’on fera des déchets nucléaires qui seront produits reste néanmoins sans réponse et ce sera peut-être la limite d’une telle technologie, même si à ce stade, on n’en est pas encore là.