Et si le racisme était inscrit dans nos gènes ?

D’après les résultats d’une étude récemment publiée dans PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences), la génétique a une grande influence sur nos croyances selon lesquelles certains groupes ethniques ou culturels seraient supérieurs ou meilleurs que d’autres.

Selon des recherches antérieures, nous sommes nés avec des prédispositions à certaines opinions politiques, qui apparaissent simultanément et sont rarement façonnées par l’environnement. Ce qui n’est, apparemment, pas toujours vrai, puisqu’apparemment la société dans laquelle on évolue nous façonne également.

Des pions dur un échiquier

Photo de Melk Hagelslag. Crédits Pixabay

En effet, d’après les résultats de l’étude menée par le professeur de psychologie Thomas Haarklau Kleppestø, de l’Université d’Oslo, il semble bien que les personnes qui ont les mêmes gènes partagent également les mêmes opinions politiques, jusqu’à ce que l’environnement dans lequel elles évoluent prenne l’ascendant sur la prédisposition génétique.

La relation entre l’attitude politique et la génétique

En Norvège, Kleppestø a mené sur un échantillon d’environ 2000 vrais et faux jumeaux adultes, une étude portant sur un questionnaire destiné à mesurer leur orientation de dominance sociale (SDO). Les sujets devaient en fait donner leur avis sur huit propositions politiques telles que la question des Roms et les politiques d’immigration. Un score SDO élevé indiquant alors une personnalité penchant vers l’existence d’une hiérarchisation sociale.

Les vrais jumeaux, qui partagent 100 % de leurs gènes ont sensiblement les mêmes opinions politiques que les faux jumeaux, qui ne partagent que 50 % de leurs gènes. Ce qui suggère que la génétique influence nos points de vue politiques, selon Kleppestø.

Finalement, notre environnement a son mot à dire

Par contre, les résultats obtenus grâce aux réponses de deux vraies jumelles ont permis de voir que les expériences ainsi que l’environnement où l’on vit façonnent notre façon de penser. Et ce, malgré une certaine prédisposition génétique.

En effet, les deux sœurs ne partagent plus le même style de vie, et apparemment, elles ne semblent plus partager les mêmes idées concernant les politiques d’immigration et la question des Roms.

Ainsi, notre génome ne contrôlerait pas directement nos croyances et attitudes. Les prédispositions génétiques au racisme se renforceraient juste au fil du temps, surtout quand nous évoluons dans des milieux propres à les faire ressortir.

Le professeur de psychologie Leif Edward Ottesen Kennair de l’Université d’Oslo déclare ainsi que l’étude de Kleppestø confirme les études antérieures, à savoir, il existe bien une base génétique pour les attitudes politiques notamment le racisme. Pour autant, cette prédisposition ne peut être découplée de l’environnement social dans lequel on évolue, qui nous affecte également, en bien ou en mal.

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