Et si les extraterrestres nous trouvaient en premier ?

La question revient souvent, notamment dans les films de science-fiction : se pourrait-il que d’éventuelles civilisations extraterrestres remarquent notre présence dans l’immensité d’une galaxie composée d’une centaine de milliards d’étoiles ?

Cette question n’intéresse pas que les réalisateurs de films de science-fiction. Elle intéresse aussi les scientifiques qui tentent pour leur part d’y apporter des éléments de réponses.

Sauver Terre

S’il devait arriver que des extra-terrestres découvrent en premier notre petite planète bleue, ce serait éventuellement par le biais des ondes radio que nous émettons depuis une bonne centaine d’années dans toutes les directions.

Des ondes radio émises dans l’espace depuis une centaine d’années

Il y a des chances que ces émissions aient parcouru à ce jour des distances astronomiques à la vitesse de la lumière. On peut donc espérer que quelqu’un quelque part finisse par les capter.

En fait, les choses ne sont pas si simples.

En effet, plus les ondes radio que nous émettons depuis la terre s’éloignent, plus elles perdent de leur puissance et deviennent de moins en moins détectables. Certaines ne parviennent même pas à traverser l’atmosphère terrestre, déviées par ses couches supérieures. De plus, ces signaux sont dirigés vers un point précis du ciel à chaque fois. Il faut donc qu’il y ait quelqu’un au bon endroit à l’autre bout pour réceptionner la transmission.

Une possibilité de détecter la terre lorsqu’elle passe devant le soleil

Les scientifiques pensent qu’un autre moyen de détecter la terre depuis l’espace est de l’observer lorsqu’elle passe devant le Soleil, ce qu’on appelle un transit. Et sur ce plan, la Terre aurait un avantage sur les planètes géantes de notre système solaire : elle passe une fois par an devant le soleil. En comparaison, Jupiter passe devant le soleil environ tous les 12 ans, et Saturne tous les 29 ans… du moins lorsqu’on rapporte ces échelles de temps à notre niveau.

Mais pour pouvoir observer les transits de la terre, il faudrait que l’observateur extraterrestre se trouve dans une zone bien précise, où la Terre passerait entre le Soleil et lui. Trop haut ou trop bas, et c’est raté.

D’après des scientifiques de la Queen’s University de Belfast (Irlande du Nord) et de l’Institut Max Planck de recherche sur le système solaire (Allemagne), il y aurait une dizaine de mondes, que l’on n’a pas encore découverts, qui pourraient abriter la vie telle que nous la connaissons et qui seraient parfaitement placés pour observer la terre lors de son transit.

Des signes de la présence d’une vie dans l’atmosphère terrestre

Cette idée part du principe qu’il pourrait y avoir des signes dans l’atmosphère d’une planète, qui indiquent la présence ou non d’une vie, ainsi que le niveau d’évolution des habitants de cette planète. Une équipe de chercheurs a ainsi commencé à cataloguer les différents éléments de la biosphère terrestre, présente et passée, qui pourraient indiquer la présence de “signes de vie”.

Pour l’heure, les télescopes spatiaux actuels, comme Hubble et Kepler ne sont pas capables de détecter ce type de signe. Par contre, les prochaines générations de télescopes, comme le TESS et le télescope spatial James Webb (dont les lancements sont prévus en 2018), pourront capter ces signes de vie sur des planètes lointaines.

Se mettre à la place des extraterrestres

Il y a suffisamment d’éléments qui laissent planer l’hypothèse que la terre soit découverte un jour ou l’autre par une civilisation extraterrestre, potentiellement plus développée que nous. Inversement, ces éléments nous permettent également de savoir sur quoi focaliser notre attention lorsque nous observerons d’autres systèmes solaires de plus près.

Ainsi, lorsque nous récolterons des données en provenance d’une exoplanète, nous saurons peut-être interpréter ces données pour savoir si elle abrite une vie ou pas !