Et si les ingrédients de la vie venaient des trous noirs ?

Les trous noirs sont bien connus pour être des ogres cosmiques qui avalent tout, incluant la lumière. Ces singularités éjectent aussi parfois des radiations qui ne seraient pas du tout bénéfiques à des formes de vie se trouvant dans les alentours. Pourtant, des chercheurs étudient l’idée que ces mêmes rayonnements pourraient avoir enrichi notre galaxie en eau et en molécules organiques, les ingrédients principaux de la vie sur Terre.

L’étude en question a été publiée sur le serveur de pré-impression arXiv mais attend encore d’être évaluée. Elle concerne le cas du trou noir supermassif qui se trouve au centre de la Voie Lactée, nommé Sagittarius A* ou Sgr A*. Ce dernier est considéré comme ayant eu une période d’activité intense il y a de cela quelques millions d’années, durant laquelle il a éjecté des rayons X de haute énergie.

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Sagittarius A* était ainsi une AGN ou Active Galactic Nucleus et les chercheurs se demandent si les éruptions pourraient avoir des effets bénéfiques à une distance plus grande ou après une longue période. La nouvelle étude a ainsi simulé les effets des radiations à haute énergie sur une distance de 26 000 années-lumière et une durée de 10 millions d’années.

Les résultats obtenus

D’après l’article, les modèles utilisés par les chercheurs ont prédit une abondance d’eau et de deux molécules organiques, le méthanol et le formaldéhyde, au niveau galactique, que ce soit avec ou sans l’éruption d’une AGN. Toutefois, la modélisation a montré que l’AGN augmentait l’abondance des molécules organiques par ordre de grandeur, à la fois sur la surface des grains de poussière galactique et à l’état gazeux. De plus, les molécules organiques ont pu garder des niveaux très élevés pendant des millions d’années.

Quant à l’eau, les effets de l’AGN étaient moins palpables dans la phase gazeuse, même si la simulation a montré qu’une AGN aurait généré plus d’eau sur la surface des grains de poussière galactique.

Ce qu’impliquent les résultats

Selon Xian Chen, astrophysicien au Peking University et co-auteur, notre système solaire est situé à 8 kiloparsecs ou 26 000 années-lumière du trou noir au centre de la galaxie. Il est ainsi possible que le gaz dans lequel notre système solaire s’est formé ait été affecté par les émissions de radiations de Sgr A*.

Chen a cependant indiqué qu’on ne peut pas tout de suite affirmer que la présence de Sgr A* au centre de la galaxie ait pu avoir une influence positive sur l’habitabilité de la Voie Lactée. Il faut ainsi continuer les recherches pour en savoir plus sur les radiations du trou noir et sur ses éventuels effets.

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