Et si l’on créait des médicaments avec le son ?

La mise sur pied de médicaments est un processus très délicat qui nécessite de longues années d’expériences approfondies. Si on sait que les moyens utilisés pour le faire remontent à des siècles, un changement n’est pas loin de s’opérer. En effet, une nouvelle technologie exploite les ondes sonores pour accélérer le processus d’invention des médicaments. Les précurseurs de ladite technologie ont confié quelques-unes de leurs idées aux médias.

Des pilules sur un piano

Pour élaborer les médicaments, il faut faire réagir des milliers de molécules sur des milliers de cellules pour identifier les molécules efficaces. La méthode innovante a été conçue par le professeur Ashish Kumar Sen, du département d’ingénierie mécanique de l’IIT Madras, en collaboration avec l’université de Lund en Suède.

Concrètement, la nouvelle démarche consiste à générer des gouttelettes en se servant d’ondes sonores. L’innovation réside, non pas dans l’utilisation des gouttelettes, mais dans celle des ondes sonores pour leur production.

Les ondes sonores donnent naissance aux gouttelettes

Les chercheurs de l’IIT Madras ont détaillé comment des flux parallèles de fluides à des ondes sonores ont donné naissance aux gouttelettes. En effet, pour les former, il faut créer une instabilité au travers d’une énergie interfaciale minimale. Celle-ci est générée par la tension interfaciale et la force hydrodynamique.

La nouvelle méthode est plus rapide, mais également sophistiquée. Ces gouttelettes sont produites en 10 millisecondes, soit dix fois plus vites par rapport à la technique classique.

« Le cycle typique pour qu’un nouveau médicament arrive sur le marché est de 10 ans. Ce délai pourrait être considérablement réduit grâce à une technologie comme les gouttelettes induites par le son. »

Le Pr Ashish Kumar Sen

Diverses applications intéressantes

L’utilisation du son offre un avantage conséquent. En effet, le contrôle de la formation, du déplacement et de la taille des gouttelettes requiert une transition rapide, ce qui rend les ondes sonores appropriées. Les chercheurs envisagent désormais la possibilité d’utiliser la technique pour « encapsuler des cellules biologiques dans des gouttelettes ».

L’on aurait ainsi bientôt droit à des processus diagnostiques et thérapeutiques plus efficaces. La méthode pourrait également servir dans l’assimilation par l’organisme de certains comprimés à « libération retardée ». Les scientifiques prévoient encore d’autres applications, mais d’autres études plus poussées sur le sujet seront nécessaires.