Et si nos ancêtres s’étaient servis de sources thermales pour cuire leurs repas ?

D’après des travaux de recherche récemment publiés dans la revue en ligne PNAS, les gorges d’Olduvai, une formation située dans la Vallée du Grand Rift au nord de la Tanzanie, auraient abrité une source hydrothermale il y a de cela 1,7 million d’années.

Pour information, ce célèbre site paléontologique est une zone où l’on a déjà découvert les fossiles d’anciens humains et d’hominidés tels le Paranthropus bosei, l’Homo Habilis, et l’Homo erectus.

Un geyser alimentant une source thermale

Crédits Pixabay

Les objectifs initiaux des chercheurs étaient d’identifier les types de lipides retrouvés dans les sédiments collectés le long des gorges d’Olduvai afin de comprendre l’évolution environnementale. Et à leur grande surprise, un lipide d’origine non végétale leur a mené vers une surprenante découverte.

Un lipide caractéristique des bactéries des sources chaudes

Selon les chercheurs, l’analyse des lipides présents dans les sédiments pourrait les renseigner sur le changement climatique qui a sévi en Afrique depuis ce temps, passant d’une zone humide et remplie d’arbre à des steppes herbeuses voire des étendues arides.

Et après analyse des résidus trouvés dans ces sédiments, l’équipe du professeur Roger Summons du MIT a pu reconnaître certains éléments qui témoignaient de ce qu’il y avait sur ce site au Paléolithique inférieur.

En effet, parmi les traces de lipides retrouvés, la signature du Thermocrinis ruber était présente, une bactérie qui ne se développe que dans les eaux très chaudes comme les sources thermales, sous une température supérieure à 80 °C (environ 176 °F).

Nos ancêtres y auraient pu cuire leurs repas

Le fait d’avoir trouvé la signature de cette bactérie sur ce site préhistorique suggère donc que des sources chaudes ont auparavant existé dans les gorges d’Olduvai, selon les chercheurs. « […] Avec toute cette activité tectonique au milieu du système de rift, il aurait pu y avoir extrusion de fluides hydrothermaux », explique le Dr Ainara Sistiaga, chercheur au MIT et à l’Université de Copenhague.

Pour ces scientifiques, la présence de cette source hydrothermale à l’époque pourrait davantage nous renseigner à propos des techniques de survie et des comportements des anciens hominidés qui ont fréquenté le site. Ils émettent ainsi l’hypothèse selon laquelle ces derniers auraient pu se servir de cette source pour cuire leurs aliments, pour faire bouillir leurs proies ou juste pour se réchauffer.

Cette trouvaille incite d’ailleurs les paléontologues à approfondir leurs investigations afin de trouver d’autres preuves pour expliquer les raisons des changements de l’écosystème qui ont eu lieu il y a 1,7 million d’années. Et si par la même occasion, on en apprend davantage sur le mode de vie de nos ancêtres, que demander de mieux.

Et si nos ancêtres s’étaient servis de sources thermales pour cuire leurs repas ? Crédits Tom Björklund.

Mots-clés paléontologie