Et si nous avions trouvé, sans le savoir, des preuves de la vie sur Mars dans les années 70 ?

Au milieu des années 1970, la NASA a lancé le programme Viking qui avait pour objectif de rechercher des micro-organismes dans le sol martien. Les tests réalisés dans le cadre du programme étaient conçus pour rechercher des formes de vie similaires à celles que l’on peut trouver sur Terre. Quatre expériences ont été mises en œuvre au total, dont l’expérience Labeled Release (LR) qui devait permettre de détecter des organismes hétérotrophes.

Et c’est justement cette expérience qui a fourni un résultat apparemment positif.

La planète Mars

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Mais si la plupart de scientifiques réfutent aujourd’hui les résultats « positifs » de Labeled Release, un des concepteurs de l’expérience, Gilbert Levin, pense que ces résultats étaient une preuve définitive de l’existence de la vie sur Mars.

Des preuves abandonnées de l’existence de la vie sur Mars ?

Le 30 juillet 1976, le LR a renvoyé ses premiers résultats depuis Mars. Et étonnamment ils étaient positifs. En fait, l’expérience montrait une augmentation de la production de 14CO2 lors de la première exposition du sol martien à un milieu riche en eau et en nutriments. Mais lorsque le Viking Molecular Analysis Experiment n’a pas permis de détecter la matière organique, l’essence même de la vie, la NASA en a déduit que le LR avait vraisemblablement trouvé une substance imitant la vie, mais pas la vie elle-même.

Les scientifiques s’accordent aujourd’hui à dire que les résultats du LR sont le fruit de processus non biologiques, tout en rappelant que l’expérience « GC-MS » n’a détecté aucune molécule organique. Les résultats de la mission Viking concernant la vie sur Mars sont donc considérés par la majorité des experts comme non concluants.

Au cours des années écoulées depuis le programme Viking, aucun des atterrisseurs ultérieurs de la NASA sur Mars n’a été doté d’instruments de détection de la vie pour essayer de corroborer les résultats précédents. L’agence a préféré lancer une série de missions vers Mars visant à déterminer s’il existait un habitat propice à la vie et, le cas échéant, éventuellement ramener des échantillons sur Terre pour un examen biologique.

Toutefois, la NASA maintient la recherche de la vie extraterrestre parmi ses plus hautes priorités. Le 13 février 2019, Jim Bridenstine, administrateur de la NASA, a déclaré à cet effet que nous pourrions trouver une vie microbienne sur Mars.

La NASA privilégie l’habitabilité à la détection de la vie sur Mars

Gilbert Levin estime pour sa part que nous avons déjà raté une occasion inespérée de prouver que la vie existe sur Mars, affirmant que les données originales  de l’expérience Labeled Release étaient correctes. Pour lui, ce serait presqu’un miracle que Mars soit stérile.

Levin cite notamment le scientifique de la NASA, Chris McKay, qui a déclaré un jour que Mars et la Terre échangeaient leurs composants depuis des milliards d’années.

McKay explique que chaque fois que Mars ou la Terre est touchée par des comètes ou de gros météorites, des éjectas jaillissent dans l’espace. Une infime fraction de ce matériau atterrit finalement sur l’autre planète, l’infectant peut-être avec des passagers microbiologiques. Levin mentionne également l’existence de rapports sur la survie de microorganismes exposés à un espace nu à l’extérieur de la Station spatiale internationale (ISS).

Pourtant, la NASA a déjà annoncé que son atterrisseur Mars 2020 ne contiendrait pas d’instruments de test de détection de la vie. Levin lui affirme qu’un effort devrait être fait pour que des expériences de détection de la vie soient possibles lors de la prochaine mission sur Mars.

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