Et si nous reprogrammions nos cerveaux pour mieux manger ?

Lorsque nous sommes face à une décision, un ensemble de cellules nerveuses s’activent pour estimer la valeur de chaque option. Les neurones attribuent ensuite une sorte de code aux choix qui s’offrent à nous et déterminent notre décision finale en fonction de l’option qui leur semble la plus intéressante.

Des chercheurs de la faculté de médecine de l’Université de Washington à Saint-Louis (Etats-Unis) se sont intéressés à cet aspect du fonctionnement de notre cerveau. Ces derniers ont tenté de comprendre comment les neurones se réorganisaient à chaque fois pour analyser toutes les options qu’elles doivent traiter au quotidien.

Crédits Pixabay

Dans une étude publiée le 2 novembre 2020 dans la revue Nature, ces scientifiques nous expliquent la façon dont ces neurones évaluent les choix qui s’offrent à elles et l’impact de ce processus sur notre prise de décision.

Des expériences menées sur des singes

Ces chercheurs ont fait intervenir des singes dans leur expérience. Ils ont étudié le comportement de ces animaux durant leur prise de décision. Durant cette expérience, les singes ont dû choisir parmi une douzaine de jus de fruits différents. L’objectif était d’évaluer comment les neurones se reprogramment lorsqu’ils doivent choisir entre deux options dans des circonstances différentes.

Les singes devaient à chaque fois choisir entre deux jus qui diffèrent par leur couleur, leur quantité et leur goût. Ils ont noté que les sujets avaient des préférences bien marquées et optaient souvent pour les jus en plus grande quantité.

Des neurones qui peuvent être manipulés ?

Des électrodes ont ensuite été placées au niveau de leur cortex orbitofrontal pour stimuler les neurones qui estiment la valeur de chaque option. Les chercheurs ont découvert que lorsque les électrodes émettaient une faible stimulation quand le singe devait faire un choix, les activités des neurones correspondant aux deux options étaient plus accrues.

Cela signifie que chacune des options devenait plus attrayante pour le singe. Toutefois, en raison de la façon dont ces valeurs sont encodées dans notre cerveau, il y aura toujours une préférence pour l’une des deux options. Les experts ont ajouté qu’une stimulation plus importante entrainait une perturbation dans l’estimation de la valeur de chaque option. Dans ce cas de figure, le singe sera donc plus susceptible de choisir l’option qui présente le moins de perturbation.

D’après les scientifiques, cela prouve que les valeurs calculées dans le cortex orbitofrontal influencent la prise de décision. Cette étude peut s’appliquer au cas de l’Homme, car « le cerveau du singe et le cerveau humain semblent très similaires. » Elle devrait permettre de mieux comprendre « un certain nombre de troubles mentaux et neuropsychiatriques » comme les troubles alimentaires ou la dépression.