Et si on reparlait un peu du Warp Drive

Les films de science-fiction nous ont toujours fait rêver de voyages spatiaux. Malheureusement, en dépit de nos avancées technologiques, il est encore difficile d’imager voyager d’un bout à l’autre de l’Univers. En effet, avec les moyens que nous avons actuellement, une telle expédition prendrait des milliers d’années.

Pour vous aider à vous faire une idée, Proxima de Centaure est l’étoile la plus proche de notre planète. Elle se trouve à 4,25 années-lumière de nous, soit environ 40 trillions de km. Le vaisseau spatial le plus rapide existant à l’heure actuelle est Parker Solar Probe. Il est capable de se déplacer à 725 000 km/h. À cette vitesse, il ne lui faudrait que 20 secondes pour voyager de Los Angeles à New York. Pour se rendre sur Proxima de Centaure, il mettrait environ 6 633 ans.

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Pour effectuer un tel voyage, il faudrait donc être capable de se déplacer à la vitesse de la lumière. Dans un article publié récemment sur le site The Conversation, le physicien Mario Borunda, de l’université d’Oklahoma, a déclaré que ce n’était peut-être pas impossible.

Focus sur le moteur à distorsion spatiale

Il n’y a que dans les films de science-fiction qu’il est possible de voyager à la vitesse de la lumière. En tout cas, c’est ce que suggère la théorie de la relativité générale d’Albert Einstein. Si on se fie aux travaux du célèbre physicien, la masse d’un corps augmente en fonction de sa vitesse. En d’autres termes, s’il se déplace à la vitesse de la lumière, sa masse frôlera l’infini.

En 1994, un physicien mexicain du nom Miguel Alcubierre a contesté cette théorie. Selon lui, il est possible de voyager à la vitesse de la lumière sans pour autant enfreindre les lois de la relativité générale. Pour ce faire, il faudrait faire appel à un moteur à distorsion spatiale ou Warp Drive.

Une théorie appuyée par de nouveaux travaux

Pour faire simple, un moteur Warp Drive est un moteur capable de déformer l’espace-temps. En créant une bulle chargée négativement, ce moteur pourra contracter l’espace-temps situé devant lui et dilater l’espace qui se trouve derrière lui. Cette théorie a toutefois ses limites.

Pour produire l’énergie négative suffisante pour créer cette bulle, il faudrait en effet la masse de l’Univers visible. Récemment, des scientifiques ont trouvé un moyen de contourner ce problème. Le binôme formé par Alexey Bobrick et Gianni Martire a publié une étude qui propose de modifier l’espace-temps à l’intérieur de la bulle d’une certaine manière. Ainsi, il ne sera plus nécessaire d’utiliser de l’énergie négative. Cependant, leur solution ne permettra pas de concevoir un moteur capable de se déplacer à la vitesse de la lumière.

De son côté, l’astrophysicien Erik Lentz suggère de remplacer les bulles de distorsion d’Alcubierre par des bulles chargées d’énergie positive. Pour Mario Borunda, ces travaux prouvent que les moteurs Warp Drive pourraient bien être une réalité.

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