Et si votre smartphone était capable de vous dire d’arrêter de boire ?

La consommation excessive d’alcool représente de grands dangers pour soi et pour autrui. Elle fait des milliers de victimes par an. Pour pallier à cette situation, des scientifiques des universités de Stanford et de Pittsburgh (États-Unis) ont inventé un nouvel outil numérique à même de mesurer l’état d’ébriété d’une personne par le biais de son smartphone.

Leur objectif est de parvenir à réduire l’ingestion de toute substance alcoolisée au profit de la santé publique.

La photo d'un homme ivre

Photo de thom masat – Unsplash

Les fonctionnalités de ce système à venir seraient, a priori, axées sur la prévention des accidents liés à l’ivresse. Les chercheurs envisagent de le combiner avec les plus récentes applications mobiles liées à la conduite automobile. Concrètement, l’outil permettrait de contraindre le chauffard à choisir entre conduire ou boire. S’il a un fort taux d’alcoolémie, sa voiture pourrait ne pas s’ouvrir ou ne pas démarrer.

L’avancement de ce projet a été publié dans le Journal of Studies on Alcohol and Drugs. À terme,  il contribuerait à faire respecter le taux d’alcoolémie maximum de 0,08 % aux États-Unis et de 0,05 % en France.

Un taux de réussite de plus de 90 %

Le propriétaire du téléphone sera bien évidemment le premier à être averti en conséquence. Néanmoins, les inventeurs de cette nouvelle technologie envisagent également l’envoi en temps réel des données au parrain du sujet.

Des essais ont été réalisés pour évaluer l’efficacité de l’outil et la faisabilité du projet. À cet effet, l’expérimentation a été effectuée sur un échantillon de 22 volontaires ayant entre 21 et 43 ans. Ils ont été amenés à boire un verre de boisson à base de vodka afin d’avoir un taux de concentration d’alcool de 0,2 % dans la respiration. L’enregistrement des données a été fait pendant les sept heures qui ont suivi la prise des verres.

Le smartphone équipé de l’outil mesurant l’accélération des mouvements a été fixé sur le dos de chacun des participants. Pendant ce temps, ils effectuaient une marche de dix pas en aller-retour. Les informations recueillies ont permis d’étudier leur vitesse et leur manière de se déplacer. Au final, les experts ont pu déterminer les sujets qui ont atteint ou dépassé le taux limite de 0,08 %. L’essai a témoigné un succès à 92,5 %.

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Un nouvel espoir dans la lutte contre l’insécurité routière

La National Highway Traffic Safety Administration estime que les victimes des accidents de la route engendrés par la prise d’alcool dépassent la dizaine de milliers chaque année. Pour cause, cette substance agit négativement sur la réactivité des muscles et les activités cérébrales. Conscient de la gravité des faits, Brian Suffoletto, chercheur et médecin urgentiste, s’est exprimé sur le sujet.

« En tant que médecin urgentiste, j’ai pris en charge des dizaines d’adultes ayant subi des blessures liées à une intoxication alcoolique aiguë. C’est pourquoi j’ai consacré les dix dernières années à tester des outils numériques pour prévenir les décès et les blessures y afférents », a-t-il confié.

Le résultat de ses recherches devrait permettre aux smartphones de limiter la consommation des utilisateurs sur la base de leurs comportements.

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