Et sinon, combien d’êtres humains la Lune pourrait-elle supporter ?

Les ressources naturelles de la Terre sont presque épuisées et les humains envisagent actuellement d’établir des colonies sur la Lune. Ce rocher gris et froid va donc peut-être finir par devenir le nouveau foyer des centaines de milliers de personnes.

Néanmoins, les scientifiques se demandent, à présent, combien d’humains la Lune pourrait supporter, avec son paysage si peu accueillant.

JAXA Lune

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« C’est un endroit stérile. Il est vulnérable aux tempêtes solaires, et ne peut dévier au rayonnement électromagnétique qu’émet le soleil. La température y est extrême avec de longues périodes alternées d’obscurité et de lumière », a déclaré Darby Dyar, professeur d’astronomie au Mount Holyoke College, au Massachusetts.

La surface de la Lune représente environ 15,9 % de celle de la Terre à l’exclusion des océans. Elle pourrait certainement abriter sans peine des milliards d’êtres humains même si cet endroit est dépourvu d’atmosphère.

Le problème de l’eau et de l’air est presque résolu

Le nombre de personnes qui pourrait vivre sur la Lune dépendrait essentiellement de la quantité d’eau qui s’y trouve. Les scientifiques estiment que les vents solaires qui traversent l’espace peuvent en fournir assez. Chargés de protons, ils entrent en collision avec des électrons sur la Lune. Cette interaction produit de l’hydrogène.

« Depuis quelques décennies, les chercheurs ont constaté qu’il y a une quantité surprenante de liquide sur la Lune. En plus, les comètes, qui sont essentiellement des boules de neige sales, y atterrissent périodiquement. Cela prouve la présence de nombreux réservoirs de glace dans ce lieu », a expliqué Dyar.

Des « dômes fermés écosystémiques » ont également été développés pour l’agriculture lunaire. Les plantes seront exposées aux rayons du soleil et arrosées d’eau recyclée. De telles technologies de recyclage ont déjà été mises au point à bord de l’ISS.

Un tremplin pour les futures expéditions spatiales

Lorsque la population aura atteint une dizaine de milliers d’individus, il faudrait également construire des générateurs d’oxygène. Ce serait une alternative coûteuse, mais intéressante. En outre, la propulsion des engins spatiaux nécessite de l’oxygène.

« Pour les premières installations, il faudrait transporter l’air dans des structures scellées à l’intérieur desquelles les humains vivraient. Ce ne sera qu’une solution à court terme, mais assez rentable », a déclaré Markus Landgraf, le gestionnaire du projet Lune à l’Agence spatiale européenne.

Vivre sur la Lune n’est pas vraiment l’objectif ultime des humains. Le satellite est plutôt considéré comme une sorte d’arche de Noé en cas de catastrophes terrestres. Il servirait également de centre de recherches et de tremplin pour les futures expéditions spatiales.

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