Et voici les lauréats de l’édition 2020 du prix Ig Nobel

Un anthropologue qui a fabriqué un couteau à partir de matières fécales humaines congelées pour tester une théorie, un spécialiste des araignées qui a découvert que ces petites bêtes font en fait peur et donnent la nausée chez les entomologistes, et pour couronner le tout, des leaders mondiaux qui se disent plus intelligents que les médecins et les spécialistes dans la gestion du COVID-19, voilà quelques-uns les lauréats de l’édition de cette année du prix Ig Nobel.

La 30e cérémonie annuelle de cette parodie du prix Nobel s’est en effet récemment déroulée en format virtuel raison de la pandémie de coronavirus, malgré une réparation qui a pris des mois, « cauchemardesque » selon Marc Abrahams, le principal sponsor de l’événement.

Une jeune femme riant en se cachant la bouche

Photo de Robin Higgins. Crédits Pixabay

Ainsi, au lieu d’être diffusée directement depuis l’Université de Harvard comme d’habitude, la cérémonie a été diffusée sur des chaînes télévisées américaines et internationales, via une vidéo préenregistrée de 75 minutes.

Les lauréats de l’édition 2020 du prix Ig Nobel

Les prix pour l’édition 2020 du prix Ig Nobel étaient donc des cubes autoassemblés remis à chaque lauréat, un peu de magie vidéo à la rescousse afin de faire comme si c’étaient les lauréats du prix Nobel qui les distribuaient, comme le veut la tradition de ce prix parodique.

La plupart des lauréats ont ainsi accueilli favorablement la reconnaissance, certains sont même très fiers, bien que ce prix ait tendance à ridiculiser les travaux scientifiques légitimes.

Ainsi, Metin Eren, professeur adjoint d’anthropologie et codirecteur du laboratoire d’archéologie expérimentale à la Kent State University (Ohio), en se servant de vrais excréments humains congelés à moins 50 degrés centigrades, a testé la légende selon laquelle un Canadien serait parvenu à fabriquer un couteau avec ses propres excréments. Bien sûr, ce n’est pas possible.

Richard Vetter, un associé de recherche à la retraite et spécialiste des araignées, qui a travaillé dans le département d’entomologie de l’Université de Californie à Riverside a quant à lui remporté un Ig Nobel pour son article paru dans la revue American Entomologist en 2013, expliquant les raisons pour lesquelles les araignées effraient les amateurs d’insectes et les entomologistes.

L’Ig Nobel pour l’éducation médicale a pour le coup été attribué à DonaldTrump, Boris Johnson et Vladimir Poutine pour leur attitude face à la pandémie. Mais ces dirigeants ont apparemment refusé leur prix.

L’Ig Nobel de médecine a été attribué au professeur Damiaan Denys et ses collègues pour la découverte d’un nouveau diagnostic psychiatrique, « la misophonie » qui est le fait de ressentir un agacement de par les bruits que font les autres.

Comme quoi, un brin d’humour ne serait pas trop dans le monde tellement sérieux de la science, d’autant en cette période de pandémie si stressante.

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