Etats-Unis : Le ministère de l’Intérieur immobilise sa flotte de drones aériens pour suspicion d’espionnage pour le compte de la Chine

Le ministère de l’Intérieur des États-Unis a récemment annoncé l’immobilisation de sa flotte de drones aériens en raison de préoccupations liées à l’espionnage chinois et les cyberattaques pouvant être effectués par l’intermédiaire de ces attaques. L’information a été initialement rapportée par le Wall Street Journal, puis relayée par The Verge le mercredi 30 octobre 2019.

La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine et les suspicions de risques d’espionnage concernant les équipements commercialisés par les entreprises chinoises ont conduit le gouvernement américain à boycotter petit à petit, mais radicalement tout produit, équipement et matériel entièrement fabriqués en Chine ou contenant des pièces chinoises, de son territoire.

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Or, justement, chaque drone utilisé par le ministère de l’Intérieur des États-Unis contient des pièces fabriquées en Chine ou a été directement fabriqué  en Chine. D’où la décision de David Bernhardt, le secrétaire à l’Intérieur, de faire immobiliser la flotte de drones de plus de 800 UAV (véhicule aérien motorisé) jusqu’à ce que le ministère les passe au peigne fin et détermine s’ils présentent ou non des risques pour la sécurité.

Les drones actuellement en mission ne seront pas encore touchés par cette immobilisation

Il faut savoir que le ministère de l’Intérieur mobilisait un grand nombre de sa flotte de drones pour lutter contre les incendies de forêt, surveiller les barrages, prévenir des inondations, inspecter les terres, détecter les dommages matériels et environnementaux dus à l’érosion et surveiller les espèces menacées.

Une déclaration de la porte-parole du ministère de l’Intérieur, Melissa Brown, indique que le secrétaire Bernhardt examinera de près la flotte de drones du ministère de l’Intérieur. Jusqu’à ce que cet examen soit terminé, le Secrétaire a ordonné l’immobilisation des drones fabriqués en Chine ou fabriqués à partir de composants chinois « sauf s’ils sont actuellement utilisés à des fins d’urgence telles que la lutte contre les incendies de forêt, la recherche et le sauvetage et le traitement des catastrophes naturelles pouvant menacer la vie ou une propriété ».

Le gouvernement craint que les drones transmettent des informations sensibles à la Chine

Selon le Wall Street Journal, les réelles préoccupations du gouvernement sont centrées sur le fait que les drones puissent être utilisés pour transmettre des données, comme des photos ou des vidéos, d’infrastructures américaines sensibles qui pourraient, ultérieurement, faire l’objet de cyberattaques.

Néanmoins, il se pourrait également que cette décision du ministère de l’Intérieur soit le dernier acte en date du gouvernement américain pour punir les entreprises chinoises d’avoir volé des secrets commerciaux présumés aux États-Unis durant des années.

Et ce, même si les États-Unis achètent chaque année des milliards de dollars de produits et d’équipements à des entreprises chinoises.

Acculé, DJI continuera néanmoins à soutenir le ministère de l’Intérieur

Malgré tout, cette décision d’immobilisation risque de porter un grand coup au géant chinois des drones DJI qui a collaboré durant 15 mois avec des responsables du ministère de l’Intérieur, des professionnels indépendants de cybersécurité et des experts de la NASA pour mettre au point une flotte de drones sécurisée et répondant à plusieurs exigences rigoureuses.

Néanmoins, l’entreprise chinoise essaie de faire bonne figure et a déclaré dans un communiqué :

Nous continuerons à soutenir le ministère de l’Intérieur et à fournir une assistance lors de la révision de sa flotte de drones afin que l’agence puisse rapidement reprendre l’utilisation de drones pour aider les travailleurs fédéraux à mener des opérations vitales.