Etats-Unis : Les employés d’Amazon et d’Instacart font la grève pour revendiquer une meilleure rémunération et de meilleures protections face au coronavirus

Lundi 30 mars 2020, Reuters nous rapporte qu’un panel de travailleurs dans des entrepôts, des entreprises de livraison et des détaillants aux États-Unis ont déclenché une grève pour pointer du doigt des problèmes de sécurité et de salaire alors qu’ils continuent de travailler durant cette crise sanitaire de coronavirus.

La grève a été orchestrée par la Gig Workers, Collective, créée en début d’année par Vanessa Bain, une employée d’Instacart. Parmi les grévistes figurent des employés de la société numérique de livraison de produits d’épicerie Instacart, ainsi que des salariés d’Amazon. Des grèves ont également été enclenchées dans d’autres endroits comme en Florence, en Italie.

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Selon Reuters, le lundi 30 mars 2020, plus de 738.500 personnes étaient infectées par le coronavirus dans le monde et qu’environ 35.000 personnes en étaient décédées.

Amazon licencie un employé n’ayant pas respecté les mesures de distanciation sociale

Alors qu’Amazon, le plus grand détaillant en ligne au monde, assure avoir pris des « mesures extrêmes » pour assainir les bâtiments et obtenir des équipements de sécurité, un employé ayant travaillé dans son usine à Staten Island, à New York, Christian Smalls, affirme que la société a mal géré les opérations de l’entrepôt alors qu’un porteur du virus venait d’être identifié.

Des allégations que la firme a contestées, ajoutant que Christian Smalls avait été placé en quarantaine rémunérée après qu’il ait été en contact étroit avec l’employé contaminé. L’entreprise lui aurait également donné « plusieurs avertissements pour violation des lignes directrices sur la distanciation sociale », qui, au final, ont conduit à son licenciement.

Bruno Le Maire soutiendrait les contestations des employés d’Amazon

L’ex-employé d’Amazon a rétorqué dans une déclaration partagée par la coalition syndicale et militante Athena :

Je vais continuer de parler. Mes collègues de New York et de tout le pays vont continuer de parler. Nous ne nous arrêterons pas avant qu’Amazon n’offre de véritables protections pour notre santé et notre sécurité.

Bruno Le Maire, le ministre français des Finances s’est exprimé sur le sujet la semaine dernière et a déclaré que la pression subie par les employés d’Amazon pour travailler malgré l’insuffisance des protections était « inacceptable ».

Amazon et Instacart continueront de prendre les commandes et d’assurer les livraisons

Malgré tout, Amazon assure que moins d’1,5% de ses 5.000 employés sur le site de Staten Island protestaient et que « la grande majorité des employés continuent de se présenter et de faire le travail héroïque de livraison pour les clients chaque jour ».

Du côté d’Instacart, ses employés exigent une prime de risque compte tenu du danger qu’ils encouraient d’assurer leur travail en dépit du fait que la plupart des gens restent à la maison pour se conformer aux directives des gouvernements étatiques, locaux et fédéraux. Ils demandent également à l’entreprise de leur fournir un désinfectant pour les mains, des lingettes désinfectantes ainsi que du savon pour nettoyer leurs téléphones, leurs voitures et leurs caddies.

Instacart, qui permet aux clients de passer des commandes en ligne auprès d’épiciers et de détaillants avait rassuré que la grève de ses sous-traitants n’avait « absolument aucun impact » sur ses opérations et ajoute que « la santé et la sécurité de toute notre communauté – les acheteurs, les clients et les employés – est notre première priorité ».