Etats-Unis : L’espérance de vie des Américains ne cesse de baisser, selon une nouvelle étude

Dans les années 1959 à 2014, l’espérance de vie aux États-Unis était à la hausse. Toutefois, ce n’est plus le cas, comme le démontre une étude récemment publiée dans le Journal de l’American Medical Association. Selon les auteurs, l’inégalité socioéconomique et les difficultés économiques contribue à cette hausse du taux de mortalité chez les Américains d’âge moyen.

Cette baisse de l’espérance de vie a été observée chez les individus de différentes tranches d’âges. Mais ce sont les individus âgés entre 25 à 64 ans qui enregistrent le taux de mortalité le plus élevé, rapporte Business Insider. Steven Woolf, auteur principal de l’étude, a même déclaré au média que les Américains sont « plus susceptibles de mourir avant l’âge de 65 ans que les habitants d’autres pays. Leurs enfants aussi ont moins de chance de vivre aussi longtemps ».

Coeur

Comme pour briser les préjugés, Woolf déclare que « les Américains ont de nombreuses idées fausses sur leur supériorité dans de nombreux domaines de la vie, mais l’espérance de vie n’est pas l’un d’entre eux. Nous pouvons penser que nous avons les meilleurs soins de santé médicaux dans le monde et une espérance de vie élevée… mais ce n’est pas le cas ».

Un constat effarant

Les recherches de Woolf et de sa co-auteur Heidi Schoomaker, ont été basées sur l’analyse de plus de 50 années de données sur l’espérance de vie des Américains et qui ont été extraites de la base de données américaine sur la mortalité ainsi que la base de données WONDER des États-Unis.

Ces données ont montré qu’entre 1959 à 2013, l’espérance de vie des Américains a connu une forte hausse. Les progrès réalisés dans la médecine, notamment, le traitement des cancers et des maladies cardiaques, ont augmenté l’espérance de vie moyenne d’environ 10 ans faisant ainsi en sorte de passer l’espérance de vie de 69,9 ans à 78,9 ans.

En 1960, les États-Unis avaient l’espérance de vie la plus élevée au monde. Mais en 2011, cette espérance de vie a commencé à stagner plus à baisser progressivement. Durant les deux dernières années, les États-Unis ont chuté au bas de la liste des pays ayant un PIB similaire et un revenu moyen élevé, rapporte la Kaiser Family Foundation. Actuellement, les États-Unis figurent dans la quarantaine sur la liste des pays ayant la plus grande espérance de vie. Ils se situent maintenant entre les pays comme le Liban, le Chili et Cuba dont le PIB est nettement inférieur au sien.

Quelles sont les causes de cette hausse du taux de mortalité ?

Selon les auteurs de cette étude, 35 causes différentes peuvent expliquer cette chute libre de l’espérance de vie des Américains, mais les causes de mortalité les plus fréquentes sont l’overdose d’alcool et de drogue ainsi que le suicide.

Entre 1999 et 2017, le taux de mortalité par surdose mortelle de drogue avait quadruplé, le taux de suicide était augmenté de 40% chez les personnes âgées de 25 à 64 ans et de 56% chez les individus de 55 à 64 ans. De plus, le nombre de décès liés à l’alcool avait augmenté de 160% entre cette même période pour les Américains de 25 à 34 ans. Tandis que l’obésité a également accru le taux de mortalité de 114%, et les décès par hypoglycémie se sont accrus d’environ 80%.

Ainsi, selon Woolf, « les Américains en âge de travailler risquent davantage de mourir dans la force de l’âge ». Il ajoute également que « cela a des conséquences dramatiques pour les employeurs. Si cette tendance se poursuit, ils disposeront d’une main d’œuvre moins saine et moins productive, plus susceptible de mourir prématurément par rapport aux employés d’autres pays ».

Quelles solutions proposent les auteurs ?

Les solutions, selon les chercheurs, c’est de traiter dans un premier temps les problèmes sociaux et socio-économiques. Pour cela, Woolf déclare que les gouvernements devraient investir dans les communautés marginalisées et alléger le fardeau financier des familles de la classe moyenne. De plus, il ajoute que les responsables politiques américains devraient se focaliser sur ce qu’il appelle les « principales causes de la vie » et devraient chercher à bâtir des communautés plus fortes pour créer de plus solides liens sociaux et aider les Américains à faire face à leur situation financière.

Howard Koh, un professeur à Harvard et qui n’a pas participé à cette étude déclare que « les déterminants sociaux de la santé façonnent le bien-être et les résultats. Des facteurs tels que l’inégalité des revenus et l’instabilité du travail provoquent une détresse psychologique et créent des conditions propices aux maladies et aux décès ».

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