Le drôle d’effet de l’aspirine

La pollution de l’air est un véritable fléau. Tout le monde le sait, elle peut avoir des effets néfastes sur la santé. Cette pollution peut notamment être à l’origine de maladies respiratoires ou cardio-vasculaires. Comme le révèle une étude menée récemment par des chercheurs de la Columbia University Mailman School of Public Health, les impacts de la pollution de l’air sur la santé ne se limitent pas à cela.

Selon ces experts, elle peut aussi nuire à nos performances cognitives. Dans le cadre de leurs recherches, ils ont aussi découvert que la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), dont l’aspirine, pouvait limiter les effets de la pollution atmosphérique chez les hommes âgés. Les scientifiques n’ont pas encore pu établir de lien direct entre l’aspirine et ses effets sur les fonctions cérébrales.

Photo de Steve Buissinne. Crédits Pixabay

Cependant, ils ont révélé que les sujets ayant consommé des AINS ont obtenu des scores élevés lors des tests destinés à évaluer leur mémoire, leur concentration et leur capacité à suivre des instructions.

Une étude menée sur des habitants de Boston

Pour mener à bien leur étude, les chercheurs ont fait appel à 954 hommes blancs vivant dans la ville de Boston. Leurs analyses ont montré que l’exposition à une faible quantité de particules fines ou encore de carbone noir peut avoir un impact négatif sur les performances cognitives d’une personne. Toutefois, ils ont découvert que la prise d’AINS peut atténuer cet effet.

« Notre étude indique que l’exposition à court terme à la pollution atmosphérique est liée à une altération à court terme des fonctions cognitives et que l’utilisation d’AINS peut modifier cette relation », lit-on.

D’après les chercheurs, l’aspirine serait le plus efficace pour limiter les impacts de la pollution de l’air sur le cerveau.

La prise de médicaments n’est pas la solution

À en croire les auteurs de cette étude, l’aspirine aurait la capacité de contrôler l’inflammation du cerveau. Néanmoins, il ne s’agit encore que d’une hypothèse et les chercheurs ont besoin de plus de temps pour la vérifier. Ils ont cependant tenu à préciser que la prise de médicaments n’était pas une solution durable pour limiter les effets de la pollution atmosphérique sur la santé.

« Malgré les réglementations sur les émissions, les pics de pollution atmosphérique à court terme restent fréquents et peuvent nuire à la santé, y compris à des niveaux inférieurs à ceux considérés comme dangereux. La prise d’aspirine ou autres anti-inflammatoires semble atténuer ces effets, bien que des changements de politique visant à restreindre davantage la pollution soient toujours justifiés », a expliqué le professeur Andrea Baccarelli, l’auteur principal de l’étude.

Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue Nature Aging.