Une étude sur le porno en ligne vient d’être publiée, et ce n’est pas mirobolant

Dimanche 04 avril 2021, des chercheurs britanniques ont publié une étude dans The British Journal of Criminology qui révélait qu’une vidéo pornographique sur huit était étiquetée avec un texte décrivant des actes de violence sexuelle. Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs se sont basés sur les contenus des trois sites pornographiques les plus populaires au Royaume-Uni : Pornhub, XVideos et XHamster.

Les chercheurs ont pris des captures d’écran sur les pages d’accueil des trois sites Web pornographiques pendant une période de six mois entre 2017 et 2018, récoltant 131 738 vidéos. Puis, ils ont analysé les titres et descriptions des vidéos pour voir si ceux-ci comprenaient des mots-clés correspondant à la définition de la violence sexuelle par l’Organisation mondiale de la santé.

Crédits Shane Uchi – Unsplash.com

Pour information, l’OMS décrit la violence sexuelle comme étant « les actes allant du harcèlement verbal à la pénétration forcée ainsi que des formes de contrainte très variées allant de la pression et de l’intimidation sociale jusqu’à la force physique ».

Les résultats de l’étude sont perturbants

Les résultats de l’étude ont montré que plus de 8 000 vidéos faisaient référence à l’agression physique et à l’activité sexuelle forcée ; 5 785 vidéos impliquaient des relations sexuelles entre membres de la famille dont particulièrement avec la « belle-mère » et 2 966 vidéos comportaient des mots clés comme « caméras cachées », « upskirt », « forcé », « molest », « tâtonner » ou encore « embuscade ».

Par ailleurs, l’analyse de la fréquence des mots clés a montré que du côté des contenus exploitant des jeunes filles, 17,6% des recherches portaient sur le mot « écolière » ; 9,6% sur le mot « fille » et 8,8% sur le mot « adolescente ». D’ailleurs, une autre étude parue en 2019 a révélé que ces adolescentes étaient 5 fois plus susceptibles d’être dans des vidéos dégradantes. D’autant plus que même si ces adolescentes pouvaient être jouées par des acteurs adultes, les vidéos pouvaient également inclure des actrices mineures.

Pour Pornhub, ce n’est qu’une question de préférences sexuelles

Les chercheurs britanniques ont mis en garde en ce sens que ces contenus montrant des violences sexuelles sont présentés de manière à les faire passer pour socialement acceptables, ce qui fait que les téléspectateurs sont déconnectés de la frontière entre le sexe et la violence sexuelle, rapporte Vice.

Un porte-parole de Pornhub s’est défendu auprès de la BBC en arguant que « les adultes consentants ont droit à leurs propres préférences sexuelles, tant qu’elles sont légales et consensuelles et tous les problèmes qui répondent à ces contenus qui répondent à ces critères sont les bienvenus sur Pornhub ».

En tout cas, le site de pornographie avait admis en décembre 2020 qu’il avait hébergé du matériel d’abus sexuels sur mineures, ce qui lui avait valu d’être privé services Visa et Mastercard. Mais Pornhub semble vouloir se racheter et a publié un premier rapport de transparence dans lequel il indique avoir supprimé 653 465 contenus illégaux.