Europe : les frontières bientôt équipées d’un détecteur de mensonge sous intelligence artificielle ?

L’Union européenne a décidé de durcir le ton pour lutter contre les trafics et les attentats terroristes. C’est ainsi que la Commission européenne a décidé d’équiper ses frontières d’un détecteur de mensonges. Oui, un détecteur de mensonges, mais pas n’importe lequel, car ce dernier sera automatique et alimenté par une IA.

Baptisée iBorderCtrl, la technologie fera office d’agent frontalier virtuel et automatique. Le dispositif sera chargé de faire passer chaque visiteur traversant la frontière au détecteur de mensonges afin de déceler s’il dit la vérité sur les motifs de son voyage dans le pays.

Il est prévu qu’iBorderCtrl fasse ses débuts aux frontières de la Grèce, de la Hongrie et de la Lettonie d’ici le mois prochain.

Comment ça fonctionne ?

Les voyageurs seront soumis au détecteur de mensonges juste après leur passage au point de contrôle. iBorderCtrl leur posera des questions comme « Qu’est-ce qui se trouve dans votre valise ? » Le système est équipé de capteurs pour étudier le visage de celui ou celle qu’il interroge et analyser 38 microgestes dans le but d’y déceler des traces de mensonge.

Keeley Crockett, chercheuse à la Manchester Metropolitan University et membre de l’équipe qui a conçu l’iBorderCtrl, explique que le dispositif sera en mesure d’analyser “le comportement non verbal”, et notamment les microgestes ou encore les micro-expressions. Grâce à ses capteurs et ses algorithmes, il sera ainsi en mesure de remarquer un tout petit mouvement, comme un œil qui bouge à gauche ou à droite.

Toutes les données récoltées seront ensuite analysées et évaluées avec un « barème de risque, » ce qui permettra de déterminer si un voyageur ment ou non sur ses motifs d’entrée au pays.

Un projet de 5 millions de dollars

La technologie iBorderCtrl a été développée dans le cadre du projet Horizon 2020 de l’Union européenne. Cette dernière n’a pas lésiné sur les moyens pour concevoir le système qui a quand même nécessité l’investissement colossal de 5 millions de dollars.

Le but est de renforcer la sécurité des frontières en réduisant le passage et la circulation des personnes malhonnêtes (terroristes, trafiquants…).

Pour l’instant, le taux d’exactitude du détecteur est de 76 %, mais les développeurs du projet espèrent faire monter la barre à 85 %. Il reste à savoir si cela sera suffisant quand on sait que 700 millions de voyageurs traversent chaque année les frontières de l’Union européenne.