Evitez les selfies en prison

En octobre, un détenu de la maison d’arrêt de Lille-Sequedin a comparu devant la justice. Il a été accusé de rébellion, d’outrages et de violences perpétrés à l’égard de cinq surveillants pénitentiaires. Le prisonnier s’appelle Séraphin N’Nanga. D’après le personnel du lieu de détention, il s’agit d’un élément perturbateur. Effectivement, son casier judiciaire est assez rempli. L’altercation lui a coûté un an de plus à passer dans le bagne.

Le détenu a été remarqué par les surveillants en train de prendre un selfie en cour de promenade. L’incident a eu lieu lorsqu’il a été fouillé. L’utilisation d’un téléphone portable est pourtant interdite au sein du bâtiment. La bagarre a donc eu lieu dans la salle de fouille. Un des gardes a été frappé à la tête et eu deux côtes cassées.

Prison Selfie

Le parquet s’est montré relativement tolérant vis-à-vis du prévenu souffrant de « vécu persécutif ». Le tribunal a néanmoins décidé de condamner Séraphin N’Nanga à un an de prison.

Deux récits contradictoires

L’incident a eu lieu le 3 août. Les surveillants auraient trouvé deux téléphones portables lorsque le détenu a été fouillé. L’un était caché entre ses fesses et l’autre dans sa poche. Il aurait ensuite foncé sur les agents pour les frapper à coups de poing à deux reprises. L’un des gardes n’a pas pu travailler durant quinze jours.

Néanmoins, ces accusations ont été démenties par le prisonnier. « Ils se sont tous jetés sur moi. Ils étaient au moins dix », a-t-il affirmé. D’après ses dires, il aurait perdu connaissance. Toutefois, son récit a été contesté par Dimitri Deregnaucourt du barreau de Lille. Ce dernier a rappelé à la cour qu’ « il n’y a pas de place pour dix dans une salle de fouille ».

Souffrant d’un syndrome délirant

Au cours de l’audience, Séraphin N’Nanga a plusieurs fois interrompu la présidente Audrey Bailleul.  Ce parisien âgé de vingt-sept ans a un physique imposant et un tempérament à fleur de peau. D’après le rapport de son psychiatre, il serait victime d’un syndrome délirant appelé « vécu persécutif ». Proche de la paranoïa, il s’agit d’une conviction absolue du patient qu’on cherche à lui nuire.

Dans sa réquisition, le parquet a évoqué cet aspect : « Il se dit victime d’acharnement de la justice. Le psychiatre a relevé qu’il est dans un vécu persécutif ». En outre, la défense a été représentée par Benoît David, un avocat du barreau de Paris. « Si la détention se passe mal quel est l’intérêt de demander dix mois de plus ? », s’est-il indigné.

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