Exprimer sa sympathie pour le Qatar est passible de prison

Il y a quelques jours, le Qatar a été sanctionné par quatre pays arabes. Il s’agit des pays du Golfe, notamment l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte. Les motifs de cette décision seraient les liens que Doha entretient avec les terroristes. D’après un article du Financial Times, les dirigeants du pays ont en effet légué la somme colossale d’un milliard de dollars à des groupes djihadistes associés à Al-Qaïda.

Il s’agissait d’une rançon versée pour l’émancipation de vingt-six membres de la famille royale. Les pays du Golfe ont alors organisé un blocus terrestre contre la cité État. Celle-ci est coupée de toute relation diplomatique avec ses voisins.

Qatar

Dernièrement, les Émirats arabes unis ont même annoncé de lourdes peines infligées à ceux qui se prononceront en faveur du Qatar.

Quinze ans de prison

La diffusion de la sympathie pour Doha est désormais assimilée à une tentative de coup d’État aux Émirats arabes unis.

Publier des publications en faveur de Doha sur les réseaux sociaux est désormais un acte passible de quinze ans de prison aux Émirats arabes unis. À cette peine s’ajouteront cinq cent mille dirhams (150 000 euros) d’amende.

C’est l’équivalent de la sanction prévue par l’article 180 du Code pénal émirien. Celui-ci concerne quiconque qui « gère une association, corporation, organisation ou toute branche de celles-ci, avec le but de renverser le régime de l’État. »

À titre de rappel, dans cet État, les cybercrimes peuvent être sanctionnés d’une peine de prison à perpétuité. Cette disposition émane d’un décret rendu effectif en 2012. Celui-ci interdit de prôner « le renversement, le changement, ou l’usurpation du système de gouvernance de l’État » par des canaux électroniques.

Mesures fermes et opinions divisées

Hamad Saif Al Shamsi, procureur général émirien a confirmé que « Des mesures strictes et fermes seront prises contre quiconque montre de la complaisance ou toute forme de biais envers le Qatar, ou quiconque objecte à l’attitude des Émirats arabes unis, que ce soit par les réseaux sociaux, ou toute forme écrite, visuelle ou verbale. »

Il faut toutefois souligner que ce mouvement organisé contre Doha n’est pas approuvé par tous. Dans un tweet, un habitant du Koweït a noté : « On écrira dans l’histoire un jour : vous vous êtes accordés sur le Qatar en 6 jours mais pas sur Bashar en 6 ans et pas sur Israël en 60 ans. »

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