Extraterrestres : deux théories expliquant pourquoi nous n’avons pas trouvé d’autres civilisations

Roland Lehoucq a pris la plume pour le compte du Figaro (payant) afin de présenter deux théories expliquant pourquoi l’humanité n’a pas encore fait la rencontre d’une civilisation extraterrestre avancée.

Roland Lehoucq est né en 1965 à Issy-les-Moulineaux. Il est également agrégé en physique et il a étudié à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm avant de devenir enseignant à Science Po Paris. En parallèle, il exerce également au Commissariat à l’énergie atomique de Saclay et il publie régulièrement des ouvrages de vulgarisation scientifique.

Extraterrestres biologiques

De temps à autre, il lui arrive également de signer des articles dans des revues scientifiques ou pour des journaux. Le dernier en date est paru dans le Figaro le 31 décembre dernier.

Le paradoxe de Fermi, toujours d’actualité

Dans cet article, Roland Lehoucq tente de donner une explication au très célèbre paradoxe de Fermi en s’appuyant sur des modélisations de la colonisation de la galaxie.

La première d’entre elles se base sur la dynamique des populations et elle s’appuie notamment sur les données associées à l’exoplanète située dans la zone habitable de l’étoile Gliese 581. Si cette dernière est la plus proche de notre système, il faudrait tout de même disposer d’un vaisseau capable de se déplacer à au moins un dixième de la vitesse de la lumière pour espérer l’atteindre dans des délais raisonnables.

Seul problème, en termes de statistiques, rien ne dit que les exoplanètes habitables les plus proches de notre système soient en mesure d’abriter une civilisation extraterrestre avancée. Le seul moyen de trouver une autre forme intelligente que la nôtre consiste donc à être en mesure d’explorer la galaxie entière. Ce qui est évidemment plus compliqué. En réalité, toujours selon les calculs du spécialiste, il faudrait au moins 20 millions d’années pour atteindre l’autre côté de notre galaxie.

Si ce chiffre n’est guère impressionnant lorsqu’on raisonne à l’échelle de l’Univers, il l’est plus lorsqu’on le rapporte à notre propre civilisation. L’humanité a en effet eu besoin de 10 000 ans pour passer de l’âge de pierre à la conquête spatiale.

En d’autres termes, pour traverser la galaxie, il faudrait que la civilisation à l’origine de ce long voyage soit beaucoup plus ancienne que la nôtre.

Ce qui soulève finalement un autre problème, lié cette fois à la durée de vie d’une civilisation. En formulant son équation, Drake était en effet parti du principe que la durée de vie d’une civilisation technologiquement avancée se situait autour de dix mille ans. Michael Shermer a plus tard revu cette estimation à la baisse en se basant sur notre histoire. Après s’être penché de près sur toutes les civilisations humaines, le chercheur en a effectivement déduit que leur durée de vie moyenne tournait plutôt autour des 420,6 ans.

Un problème de distance

En supposant qu’une civilisation avancée existe bel et bien quelque part, il est donc peu probable qu’elle puisse survivre suffisamment longtemps pour traverser notre galaxie. Du moins si elle souffre des mêmes défauts que la nôtre, ce qui peut difficilement être prouvé.

Pour sa seconde simulation, Roland Lehoucq s’est basé cette fois sur la théorie de la percolation. Cette dernière fait partie de la physique statistique et mathématique et elle se focalise sur les milieux aléatoires.

Si l’on en croit nos connaissances actuelles, alors il existe finalement peu de planètes colonisables situées proches les unes des autres. Si une civilisation devait réellement coloniser notre galaxie, alors elle n’aurait d’autre choix que de donner vie à des colonies totalement indépendantes en se focalisant avant tout sur les mondes proches de sa planète mère.

À partir de là, le chercheur en a déduit une hypothèse. Si l’on suppose qu’une colonie a peu de chance d’avoir les moyens techniques et financiers suffisants pour en établir une autre, alors il est fort probable que sa civilisation s’étende à seulement quelques systèmes.

Dans ce cas, elle aurait la plus grande difficulté à s’étendre suffisamment pour entrer en contact avec nous.

En conséquence, le seul moyen d’entrer en contact avec cette civilisation, en supposant qu’elle existe bel et bien, serait d’aller vers elle. Ce qui est évidemment très compliqué compte tenu de nos connaissances actuelles.

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