Facebook a encore censuré une oeuvre d’art

Facebook est souvent critiqué pour sa politique de modération et ce n’est sans doute pas près de changer. La plateforme a en effet commis une nouvelle bévue en censurant des œuvres d’art datées du XIXe siècle.

Ce n’est évidemment pas la première fois que l’équipe de modération du service commet une telle erreur. Elle a en effet censuré à plusieurs reprises L’Origine du Monde de Gustave Courbet et elle en a fait tout autant avant l’été avec un sublime nu de Modigliani.

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Pourtant, les conditions d’utilisation de la plateforme autorisent les photos de peintures mettant en scène des personnages dénudés.

Facebook : une nouvelle affaire de censure

C’est évidemment problématique, et encore plus dans la mesure où certains contenus clairement répréhensibles restent souvent en ligne pendant de longues heures avant d’être supprimés par les modérateurs de la plateforme.

Tim Goodman se passionne depuis longtemps pour tout ce qui touche au domaine de l’art et il a ouvert sur les terres australiennes une maison spécialisée dans les ventes aux enchères, la Fine Art Bourse.

Afin de toucher le public le plus large possible, il a pris l’habitude d’annoncer ses prochaines ventes sur la page Facebook de son entreprise.

Il a récemment publié un message sur la plateforme pour annoncer la tenue d’une vente spéciale regroupant plusieurs œuvres d’art issues du XIXe siècle. Le message comprenait plusieurs illustrations et certaines d’entre elles mettaient en scène des nus de la collection avec des poitrines apparentes.

L’homme a ensuite lancé une campagne sponsorisée sur la plateforme pour atteindre de nouveaux prospects. Facebook n’a cependant pas apprécié la teneur de la publication et la campagne a été refusée par les modérateurs.

Tim Goodman a reçu en parallèle un message automatique de l’entreprise, un message lui indiquant que la plateforme n’autorisait pas les publicités présentant de la nudité, et ce même si ce n’est pas de nature sexuelle. Pour ne rien arranger, le message indiquait que cette mesure s’appliquait également à la nudité utilisée à des fins artistiques ou éducatives.

Un problème de société ?

Agacé, l’homme a publié dans la foulée une lettre ouverte à Mark Zuckerberg afin de lui signifier son incompréhension.

Il explique dans sa missive que la notion de censure nécessite de l’éthique et une sensibilité humaine. Elle ne peut donc pas être laissée entre les mains d’un robot ou d’un script automatique. Très incisif, l’homme explique aussi que c’est dommage qu’une des plus grosses entreprises du web ne soit pas en mesure de mieux gérer ces questions.

Tim Goodman n’a évidemment pas tort sur le principe, mais ses arguments ne s’appliquent pas uniquement à Facebook.

De mon point de vue, il s’agit avant tout d’un problème sociétal et il suffit ainsi de regarder autour de soi pour constater une véritable régression en matière de nudité et/ou d’érotisme.

À la base, la nudité n’a rien de pornographique ou de sexuel. Elle ne décrit pas une action, mais un état.

Toutefois, peu de gens parviennent désormais à faire la différence et il suffit ainsi d’un simple mamelon apparent – parfois moins – pour donner suite à d’improbables débats sur les réseaux sociaux.

Facebook est évidemment le plus touché compte tenu de sa popularité, mais toutes les plateformes sociales sont logées à la même enseigne.

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