Facebook a refusé de supprimer des images à tendances pédopornographiques

Facebook se trouve au centre d’une nouvelle polémique. D’après la BBC, l’entreprise aurait en effet refusé de supprimer plusieurs images à tendances pédopornographiques signalées par nos confrères. Pour ne rien arranger, elle a en plus eu la bonne idée de dénoncer les journalistes à la police lorsque ces derniers lui ont envoyé une copie de ces images.

Facebook applique un règlement très strict sur sa plateforme. La firme interdit notamment les menaces directes, le harcèlement, l’intimidation et les activités criminelles.

Violence Facebook

Facebook est au cœur d’une nouvelle polémique depuis le début de la semaine.

En parallèle, elle applique aussi une politique de tolérance zéro pour les contenus violents ou faisant l’apologie de l’exploitation sexuelle.

Facebook : une modération à deux vitesses

Elle s’engage notamment à supprimer “tout contenu menaçant” ou “qui encourage la violence ou l’exploitation sexuelle”. Cela vise notamment les contenus faisant l’apologie du viol, mais aussi tout ce qui est en lien avec l’exploitation sexuelle de personnes mineures. Là, elle promet même de supprimer les photographies et les vidéos mettant en scène des actes de violence sexuelle dans les délais les plus brefs.

Facebook précise également le cadre d’application de cette règle sur la page consacrée à son règlement. L’entreprise indique ainsi que ces contenus comprennent les publications versant dans le “revenge porn” ou même les offres de services de nature sexuelle comme la prostitution.

La BBC a eu envie de tester une nouvelle fois le système de modération de la plateforme.

Plusieurs confrères ont donc écumé le service pendant plusieurs heures afin de mettre la main sur des contenus enfreignant ces règles. Ils ont réussi à trouver 100 photos à tendances pédopornographiques. Certaines mettaient en scène des adolescentes dans des poses extrêmement suggestives, d’autres semblaient provenir de films pédopornographiques.

Toutes ces images avaient été partagées dans des groupes peu recommandables.

Ils ont signalé toutes les publications associées à ces contenus par la voie habituelle, en cliquant sur le bouton spécialement dédié à cet usage. L’entreprise a supprimé seulement 18 % de ces contenus. Pour les autres signalements, nos confrères ont reçu un message – automatique – leur disant que ces publications ne violaient pas les normes communautaires établies par le service.

La BBC a voulu aller plus loin. En passant les groupes d’où provenaient ces photos au peigne fin, les journalistes chargés de l’enquête ont trouvé pas moins de cinq personnes ayant fait l’objet d’une condamnation pour pédophilie. Ils ont une fois encore signalé ces comptes pour les faire fermer.

Facebook a dénoncé les journalistes chargés de l’enquête à la police

En pure perte. Facebook n’est pas intervenu, et ce alors même que l’entreprise interdit en théorie l’accès à son service aux délinquants sexuels.

Nos confrères ont donc envoyé les images qui n’avaient pas été supprimées par les modérateurs de la plateforme à l’entreprise américaine. Cette dernière les a immédiatement signalés à la police locale avant de publier une déclaration disant, en substance, qu’il est totalement illégal pour quiconque de distribuer des images illustrant l’exploitation des enfants.

La BBC a certainement dû apprécier l’ironie.

L’affaire a été rendue publique, bien entendu. Anne Longfield, la commissaire à l’enfance du gouvernement britannique, s’est dite extrêmement troublée par ces images et elle estime l’attitude de l’entreprise parfaitement inacceptable. Le NSPCC, une association de défense anglaise, a lui aussi exprimé son inquiétude.

Pour son porte-parole, Facebook ne protège pas suffisamment les utilisateurs et le système de signalement est très clairement imparfait.

L’entreprise américaine est sortie de son silence en début de semaine et elle a déclaré avoir examiné avec attention le contenu signalé par les journalistes et l’avoir supprimé de la plateforme. Elle a en outre indiqué qu’elle prenait cette affaire très au sérieux et qu’elle avait la ferme intention d’améliorer son système de signalement à l’avenir.

Quant au signalement de nos confrères à la police, Facebook a déclaré qu’il n’avait fait que suivre la procédure standard.

Reste que cette affaire ne tombe pas au meilleur moment pour l’entreprise. Cette dernière a en effet été au cœur d’une autre polémique la semaine dernière. Elle avait en effet supprimé “par inadvertance” la photo d’un tableau dépeignant une scène de nudité.

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