Facebook a supprimé une vidéo du président brésilien Jair Bolsonaro pour désinformation

Alors que le géant des médias sociaux a pour principe de ne pas se mêler des publications publiées par les politiciens sur sa plateforme, il a déjà fait exception à cette règle en traquant les annonces politiques en dehors de son outil CrowdTangle. Et il semblerait qu’en cette période de perturbation liée à la pandémie de coronavirus, Facebook accorde une attention particulière aux publications sur sa plateforme reliées à la maladie, et ce, même si elles émanent des politiciens.

Plus encore, il semblerait que dans le cadre de la lutte contre la désinformation sur le coronavirus, Facebook n’hésite pas à prendre des mesures allant jusqu’à retirer ces publications d’informations erronées. En tout cas, c’est ce que nous a rapporté TechCrunch, ce mardi 31 mars 2020. Cette fois-ci, c’est directement le président actuel du Brésil, Jair Bolsonaro qui en a fait les frais.

(Crédits Pixabay)

En effet, le mois dernier, Facebook a retiré une vidéo partagée par le président brésilien où il vantait les mérites de l’hydroxychlotoquine, comme étant un médicament qui « fonctionne » contre le coronavirus.

L’hydroxychloroquine, un médicament encore en phase de tests

Notons que l’hydroxychloroquine est un médicament qui est actuellement en phase de tests pour déterminer son efficacité dans le traitement de la pandémie virale Covid-19. Ainsi, les chercheurs et les autorités sanitaires n’ont pas encore confirmé si oui ou non, ce médicament pouvait soigner les patients atteints de coronavirus.

Un porte-parole de Facebook a déclaré à TechCrunch :

Nous supprimons le contenu sur Facebook et Instagram qui viole nos normes communautaires pour ne pas permettre la désinformation qui pourrait engendrer des dommages physiques.

Le réseau social sévit actuellement contre les fausses allégations de guérison, de traitements, de disponibilité des services essentiels ainsi que les publications se référant à l’emplacement ou l’intensité des flambées de contagion.

Une information erronée crue par le public pourrait créer un désastre

Dans sa vidéo, le président du Brésil, Jair Bolsonaro, avait discuté avec un vendeur de rue. Il a alors déclaré : « Ils veulent travailler. Ce médicament là-bas, l’hydroxychloroquine, fonctionne partout ». Cette allocution du numéro un brésilien va à l’encontre de la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) selon laquelle il est important de respecter une distanciation sociale.

La raison en est que si l’efficacité de ce médicament contre le coronavirus n’est pas avérée, les gens pourraient sortir en public, aller au travail et ne plus respecter les mesures de confinement, ce qui causerait une flambée des taux de contamination et faire échouer tous les efforts des organismes de santé pour aplanir la courbe, sans parler du fait que les systèmes de santé dans la plupart des pays sont déjà surchargés.

Plus tôt, Twitter avait également supprimé deux tweets publiés par le président brésilien le dimanche dernier et un tweet de Rudy Giuliani, l’ancien maire de New York, pour avoir diffusé de fausses informations.

Bien que les réseaux sociaux fassent de leur mieux pour éradiquer les désinformations de parts et d’autres, il reste un utilisateur – et personnage publique – dont ils n’osent toucher les publications – aussi fausses, choquantes ou téméraires soient-elles – vous l’aurez sans doute deviné, il ne s’agit autre que de Donald Trump.