Facebook accusé de ne pas se soucier suffisamment de ses modérateurs

La modération de contenu n’est pas toujours une partie de plaisir, surtout quand on travaille pour un important réseau social comme Facebook. Tous les jours, les modérateurs de la plateforme doivent visionner des photos et vidéos parfois très traumatisantes. Si certains n’ont aucun problème avec cela, d’autres ne s’en sortent pas toujours indemnes.

C’est le cas de Selena Scola, modératrice pour Facebook de juin 2017 à mars 2018. Scola a quitté la firme pour « stress post-traumatique, » ne supportant pas de visionner quotidiennement les horreurs postées sur le réseau social. Elle a ensuite porté plainte contre l’entreprise, l’accusant de ne pas encadrer correctement ses modérateurs.

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L’affaire est actuellement en cours d’étude par un juge qui tranchera ensuite si la plainte de Scola est recevable ou non.

Pas d’encadrement approprié pour ses modérateurs

Selena Scola accuse Facebook d’exposer constamment ses modérateurs à un « contenu hautement toxique, dangereux et préjudiciable » mais sans pour autant leur fournir un environnement de travail sain ainsi qu’un suivi psychologique approprié.

Dans le document de plainte, l’avocat de Mme Scola dévoile que les contenus toxiques en question sont des images, des vidéos ou encore des streams de meurtre, de torture, de viols, de suicides, des abus sexuels sur des mineurs…

Pour rappel, Facebook emploie actuellement 7 500 modérateurs pour trier les contenus postés sur son site. La société compte passer ce chiffre à 20 000 employés d’ici fin 2018.

Une longue bataille judiciaire en perspective ?

Face à de telles accusations, Facebook se défend vivement. La société affirme offrir un cadre de travail agréable pour ses employés, contrairement à ce que prétend Scola. « Nous reconnaissons que ce travail peut souvent se révéler difficile » reconnait un porte-parole du réseau social. Il soutient que les modérateurs reçoivent toutes les formations, les avantages ainsi que le soutien psychologique nécessaire pour mener à bien leur travail.

Pour Selena Scola, ces mesures restent cependant insuffisantes. Selon elle, Facebook devrait également fournir un programme de suivi médical pour ses modérateurs au cas où certains viendraient, comme elle, à développer des troubles de stress post-traumatique. La société de Mark Zuckerberg a déclaré prendre la plainte très au sérieux.

Il reste à savoir si Facebook va tenir compte des revendications de son ex-employée ou pas.

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