Facebook a promis au Pakistan de lutter contre le blasphème

Le Pakistan est une société musulmane extrêmement conservatrice où le blasphème est passible de peine de mort. La semaine dernière, la Haute Cour d’Islamabad a ordonné une lutte sérieuse contre les publications jugées blasphématoires. L’autorité pakistanaise estime que dans cette société, les intellectuels laïcs sont plus dangereux que les fanatiques religieux. Elle a également menacé de couper les réseaux sociaux dans le cas où les entreprises ne coopéraient pas.

En réaction à cette requête, le vice-président de Facebook aurait envoyé une lettre à Chaudhry Nisar Ali Khan. Ce dernier est l’ambassadeur du Pakistan à Washington. Dans la lettre, le haut responsable de l’entreprise lui aurait signifié que la question préoccupe sérieusement Facebook. Le réseau social a donc clairement affiché sa volonté de coopérer.

Facebook Pakistan

Pour l’entreprise de Marc Zuckerberg, le Pakistan représente surtout 25 à 30 millions d’utilisateurs actifs. Ce nombre est associé à un marché qu’elle ne peut pas ignorer.

Geste reconnu par l’autorité pakistanaise

« Tous les contenus blasphématoires envers l’islam disponibles sur les réseaux sociaux doivent être bloqués immédiatement, et les responsables poursuivis, » tel est l’ordre donné par le Premier ministre Nawaz Sharif à son ministre de l’Intérieur la semaine dernière.

Le blasphème est fortement réprimandé au Pakistan. La loi y est ferme et sévère. D’après le prophète Mahomet, le blasphème doit être puni par la peine de mort.

Ainsi, au Pakistan, le blasphème est considéré comme un appel au meurtre. Face à l’enjeu, Facebook a répondu « nous obéissons à la loi et nous assurons que le contenu ne soit plus disponible dans le pays. » Auparavant, le réseau social n’avait jamais répondu à une requête similaire. L’autorité pakistanaise a donc reconnu le geste comme « un grand progrès. »

Lutte contre les pages blasphématoires

Facebook a promis aux autorités pakistanaises d’engager une lutte sérieuse contre les pages et les contenus blasphématoires.

Le réseau social le plus utilisé au mondé a indiqué qu’il a déjà initié la lutte bien avant cette requête. L’entreprise a informé l’ambassadeur pakistanais qu’elle avait bloqué une soixantaine de pages au cours de ces derniers mois, toutes jugées blasphématoires.

La question suscite des antagonismes dans cette société. Le Sénat comme l’Assemblée Nationale ont mis en place une commission d’enquête sur le sujet. Une journaliste locale, spécialiste des médias, a précisé que « beaucoup n’écrivent pas sur cette actualité trop sensible. »

Ainsi, la société conserve encore des thématiques taboues qui engendrent une très forte autocensure.

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