Facebook dans le viseur des législateurs américains au sujet des vidéos « deepfake »

Suite à la mesure controversée prise par la vice-présidente de la gestion des politiques mondiales de Facebook, Monika Bickert, le réseau social se retrouve dans la ligne de mire des législateurs américains. Son plaidoyer face au sous-comité de la Chambre de l’énergie et du commerce n’a pas eu l’effet escompté. Le responsable de Facebook reçoit ainsi une vague de critiques liée à la nouvelle directive prise par rapport aux vidéos manipulées dites « deepfake ».

Les craintes des législateurs américains découlent de la hausse de la manipulation et de la tromperie à l’ère du numérique. Il faut dire que la nouvelle directive de Facebook est loin de répondre aux attentes de ces derniers. Les règles annoncées par Bickert laissent encore une grande marge de manœuvre aux politiciens et aux influenceurs d’opinion.

Crédits Pixabay

L’incapacité de Facebook à lutter efficacement contre la désinformation a été largement mise en avant lors du plaidoyer de Bickert qui s’était tenu le mercredi 8 janvier 2020. Tout comme les républicains, les démocrates n’ont pas été tendres avec la vice-présidente.

Les contenus parodiques et satiriques pointés du doigt

La nouvelle directive annoncée par Bickert ne concerne que les vidéos manipulées avec l’Intelligence Artificielle (IA) qui superpose, mélange ou remplace un contenu multimédia. Elles servent à induire en erreur les internautes. Il est ainsi question de désinformation et de manipulation de l’opinion publique. Toutefois les contenus parodiques et satiriques ne sont pas concernés par cette nouvelle directive.

Ainsi, la fausse vidéo de la présidente de la Chambre des représentants des Etats-Unis, Nancy Pelosi n’entre pas dans les contenus à exclure du réseau social. D’ailleurs, le député démocrate de Floride, Darren Soto a soulevé ce point. Face à l’interrogation de ce dernier, Bickert a juste déclaré que l’application n’est pas encore au point.

Néanmoins, la vidéo de Pelosi avait été étiquetée comme fausse et dans la foulée, elle avait été soumise à une vérification des faits.

Une éventuelle ingérence étrangère avant les élections

Les faits s’étaient déjà produits lors de la campagne présidentielle de 2016.

La Russie avait en effet utilisé Facebook pour répandre de fausses informations. Les législateurs américains craignent ainsi que cet incident se reproduise cette année. Les défenses numériques de Facebook fassent aux collectes de données et à l’ingérence étrangère semblent donc faibles aux yeux de ces acteurs politiques.

Face à l’incapacité de Facebook à réguler efficacement son système, le député californien Jerry McKerney avait demandé à Bickert si elle approuve un audit indépendant prévu le 1er juin 2020. C’est une question à laquelle la principale incriminée n’avait pas répondu.

Mots-clés deepfakefacebook