Facebook durcit le ton contre le revenge porn

Facebook mène depuis plusieurs mois une lutte contre le revenge porn. En janvier dernier, l’entreprise a ainsi suspendu pas moins de 14 000 comptes qui s’étaient adonnés à cette pratique.

Le revenge porn n’est pas une pratique nouvelle et elle n’est pas non plus née avec les réseaux sociaux. Hustler, un célèbre magazine américain, avait lancé une rubrique consacrée à des contenus amateurs dans les années 80. L’éditeur s’était alors retrouvé au cœur d’un véritable scandale.

Revenge Porn FB

Ces photos avaient en effet été publiées dans permission et plusieurs ds femmes mises en vedette dans cette rubrique avait du coup porté plainte contre l’entreprise.

Facebook en guerre contre le revenge porn

Le revenge porn est ensuite revenu sur le devant de la scène en 2010 avec le lancement d’un site spécialement dédié à cette activité : Is Anyone Up. Entièrement ouvert, il permettait aux internautes de publier les photos de leur choix sans aucune validation. Les victimes étaient souvent désignées par leur nom et leur prénom. Pire, si ces dernières voulaient faire disparaître les images, elles devaient s’acquitter d’une somme fixée par le propriétaire du site, un certain Hunter Moore.

Très vite, le site s’est retrouvé dans le collimateur des autorités et son éditeur s’est retrouvé devant les tribunaux quelques mois à peine après son lancement.

Suite à cette affaire, de nombreux gouvernements ont fait passer des lois visant à sanctionner lourdement le revenge porn. En France, la publication de ces contenus est ainsi passible d’une peine de deux ans de prison et plusieurs condamnations ont d’ailleurs été prononcées depuis la mise en place de la loi l’année passée.

Les géants du web ont également pris des mesures afin d’éviter la propagation de ces contenus répréhensibles. Reddit, par exemple, les a explicitement interdit dans sa charte et Twitter en a fait de même quelques semaines plus tard. Facebook a été lui aussi très touché et l’entreprise a donc pris des mesures drastiques afin d’éviter la propagation de ces contenus.

14 000 comptes désactivés en un mois

Elle a effectivement mis en place au début de l’année un nouveau programme capable d’analyser les photos partagées par les internautes. Lorsqu’une photo compromettante est publiée par un utilisateur du service, une alerte est donc immédiatement générée et les modérateurs peuvent donc intervenir dans les plus brefs délais.

Il semblerait que ces mesures commencent à porter leurs fruits.

D’après le Guardian, Facebook a effectivement dû évaluer 54 000 cas en durant le premier mois de l’année. Et donc en janvier. D’après le rapport déniché par nos confrères, l’entreprise aurait désactivé 14 000 comptes dans la foulée, des comptes liés à ce type d’abus sexuels. Dans le lot, une trentaine de cas impliquaient des enfants.

C’est une bonne chose, bien entendu, mais il reste encore beaucoup à faire. En effet, il existe aussi sur Facebook de nombreux groupes privés peu recommandables où circulent ce type de photos, des groupes dont l’existence n’est pas rendue publique. Nous en avons encore eu l’exemple récemment avec ce groupe qui partageait des photos de femmes militaires dénudées à leur insu. Si l’un des administrateurs n’avait pas invité par erreur un vétéran, alors personne n’aurait su que ce groupe existait.