Facebook fabrique une peau intelligente pour les robots

Selon Facebook Artificial Intelligence Research, la prochaine génération de robots devrait être beaucoup plus sensible que celle d’aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’une sensibilité liée aux émotions, mais plutôt au sens du toucher. Afin d’avancer dans ses recherches, l’entreprise et ses partenaires ont construit un nouveau type de peau électronique et des bouts de doigts peu coûteux. Ces innovations devraient fournir un sens tactile fiable aux robots.

Robots de Facebook sensibles au toucher

Crédit : WIRED

La question de savoir pourquoi Facebook s’intéresse à la peau d’un robot suscite de nombreuses interrogations. Ainsi, M. LeCun, chercheur en intelligence artificielle, considère comme un défi les propos de Mark Zuckerberg, qui a évoqué l’absence de rapport entre son entreprise et la robotique. Il a d’ailleurs abordé le sujet de manière préventive lors d’une conférence de presse.

Face à la multitude d’entreprises technologiques qui ont compris l’enjeu de la robotique à cette ère, nul doute que Facebook ne peut qu’emboîter leurs pas. C’est pour cette raison que ses agents doivent comprendre le monde au-delà de la sortie d’une caméra ou d’un microphone.

Vers une meilleure compréhension du monde physique par les robots ?

Dans un monde où les avancées ne font que se multiplier, une seule innovation ne saurait faire suffisamment le poids. De plus, le sens du toucher à lui tout seul ne peut pas permettre de décrire un objet ou une photo rien qu’en les touchant. En conséquence, il faudrait beaucoup plus pour que les robots puissent interagir avec le monde réel.

« Ce à quoi nous sommes parvenus, c’est à comprendre les pixels et les apparences, mais la compréhension du monde va au-delà. Nous devons aller vers une compréhension physique des objets pour fonder cela ».

Roberto Calandra, chercheur à la FAIR

De fait, d’autres recherches seront nécessaires pour rendre les robots capables d’interpréter leur environnement à partir de la perception tactile.

Des robots plus doux et réactifs au toucher ?

Les chercheurs pensent que les robots qui seront dotés de cette peau intelligente seront beaucoup plus doux et réactifs au toucher. Toutefois, l’absence de bon sens en eux peut toujours les pousser à agir de manière inhumaine, raison pour laquelle on ne peut pas entièrement leur faire confiance. Paradoxalement, l’humain doit garder un certain contrôle sur les machines, malgré l’autonomie qu’on souhaite leur accorder.

En réalité, ce projet de Facebook n’est pas une nouvelle idée. Il s’agit plutôt de rendre une approche dont l’efficacité a été prouvée, plus accessible et plus abordable. Le cadre logiciel sera rendu public et les appareils pourront être achetés à un prix relativement abordable, ce qui sera profitable pour les chercheurs en robotique. Qui sait si, à terme, Facebook pourrait y voir une application intéressante pour son projet de métavers.