Facebook Messenger : les bots vont-ils vraiment révolutionner nos vies ?

Mark Zuckerberg a profité de la conférence F8 pour annoncer le lancement des bots sur Facebook Messenger, avec tous les superlatifs habituels. Awesome. Amazing. A l’entendre, ces programmes vont révolutionner nos vies et celles de nos enfants. Mais dans les faits, est-ce réellement le cas ?

Les annonces faites durant la conférence n’ont pas surpris grand monde. En réalité, tout le monde savait à quoi s’attendre puisque ces fameux bots ont été évoqués à de multiples reprises par la firme et ses partenaires au fil de ces derniers mois.

Bots Facebook Messenger

Les bots ont commencé à débarquer dans Facebook Messenger.

L’idée est simple. Grâce à ces programmes, les utilisateurs du réseau social pourront obtenir des informations sur les sujets de leur choix et même commander des bouquets de fleurs sans avoir besoin de quitter la plateforme.

Facebook cherche-t-il à se substituer aux moteurs de recherche ?

Tout ce qu’ils auront à faire, ce sera d’ouvrir une nouvelle discussion avec le bot de leur choix.

Plusieurs partenaires ont manifesté leur intérêt pour cette technologie, comme KLM, CNN, McDonald’s, Burger King et beaucoup d’autres. A l’heure actuelle, rares sont les entreprises à avoir mis en place leur robot mais il est tout de même possible d’en trouver quelques uns en cherchant bien.

Pour avoir recours à leurs services, ce n’est pas compliqué car il suffit de lancer une discussion avec la page de notre choix en s’appuyant sur Facebook Messenger ou en passant directement par le réseau social.

Si vous allez sur la page de CNN, par exemple, alors il vous suffira de cliquer sur le bouton “contacter” pour démarrer une discussion avec le bot associé. Même chose pour le Wall Street Journal ou même HealthTap.

Chaque robot est différent

Et ensuite ? Tout dépendra du bot. Pour CNN, par exemple, il suffira de taper dans la fenêtre les mots-clés de notre choix pour qu’il nous affiche un encart présentant le dernier article publié sur le site.

Là, nous trouverons des boutons pour accéder directement à la page ou pour afficher d’autres actualités.

A la base, c’est plutôt futé mais tout n’est malheureusement pas parfait non plus. En tapant “Apple”, le bot de CNN m’a effectivement renvoyé un article datant du 31 mars, un article publié sur son portail économique. Pourtant, en passant par le site, on trouve beaucoup d’articles plus récents.

Mais ce n’est pas le plus gros problème. En engageant la discussion avec ce robot, vous vous retrouverez automatiquement abonné au système de notifications du média. Cela veut aussi dire que vous allez autoriser son bot à vous contacter directement, toujours par le biais de Facebook Messenger.

Le bot du Wall Street Journal fonctionne un peu de la même manière. Là encore, il vous renverra vers des contenus bien spécifiques, comme les actualités les plus brûlantes du moment. Si vous le voulez, vous pourrez aussi taper le nom d’un titre pour obtenir un suivi de vos actions.

Les informations s’afficheront dans un widget, directement dans la fenêtre de discussion. Là, vous pourrez choisir de suivre l’action ou d’obtenir des infos supplémentaires.

Ce robot semble moins envahissant que celui de CNN en revanche et c’est plutôt une bonne chose.

La révolution, ce sera pour plus tard

HealthTap, lui, se concentre sur la santé et il est censé pouvoir répondre à toutes vos questions. Fait intéressant, les informations associées à votre compte ne seront pas divulguées ni partagées avec un tiers. C’est plutôt rassurant. Bon, par contre, le robot n’est pas très malin et il a tendance à répondre complètement à côté.

Un exemple ? Je lui ai demandé s’il pouvait m’aider à faire passer mo rhume et il m’a renvoyé des informations portant sur la gestion de la douleur. Je n’ai toujours pas compris le rapport.

C’est indéniable, ces fameux bots ont du potentiel. Grâce à eux, nous pourrons obtenir toutes les infos de notre choix sans avoir besoin de lancer une recherche sur Google ou sur n’importe quel autre moteur de recherche.

Oui enfin ça, ce sera dans le futur parce que ces robots ne présentent que peu d’intérêt pour le moment. Ils ne comprennent pas le langage naturel et ils répondent souvent à côté de la plaque. En l’état, ils ne risquent pas de causer du tort à Google, Qwant, Bing et tous les autres moteurs.

Toutefois, cela pourrait rapidement changer dans un avenir proche, d’autant que Facebook sait beaucoup de choses sur nous. A terme, ces robots pourraient donc nous fournir des infos et des conseils personnalisés, en fonction de nos goûts ou même de notre parcours scolaire.

Reste à savoir si les utilisateurs verront cela d’un bon oeil.

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