Facebook ne partagera finalement pas ton adresse et ton numéro de téléphone

Hier, Facebook a encore fait beaucoup de bruit en rendant accessible l’adresse postale et le numéro de téléphone d’un utilisateur à une application tierce. Forcément, la nouvelle a déclenché une véritable émeute virtuelle et nombreux sont ceux à avoir pointé du doigt la politique tout-à-fait discutable du réseau social. Visiblement, cela a porté ses fruits puisque le géant du web vient tout juste d’annoncer un changement de cap radical : Facebook ne partagera finalement pas ni notre adresse, ni notre numéro de téléphone.

Je n’ai rien contre Mark Zuckerberg. Je n’ai rien contre Facebook non plus. Mais s’il y a une chose qui me gêne énormément, c’est bien que l’on s’accapare mes données personnelles sans me l’indiquer explicitement et sans me donner le choix de ce que je souhaite ou non partager. Certes, on pourra targuer que tout est mentionné dans les Conditions Générales de Ventes du service ou encore que le petit encart vous demandant l’autorisation de partager vos données ne laisse planer aucun doute sur les informations qui vont circuler. Et c’est vrai, mais il faut se rappeler d’une chose très importante en matière de web :

L’internaute n’est pas un lecteur, c’est un cliqueur.

Ce qui veut tout simplement dire qu’il est indispensable de tout faire, lorsqu’on développe un service, pour l’épauler et l’aider à préserver sa vie privée. Même que cela porte un nom : l’éthique. Et non, Kévin, cela n’a rien à voir avec ces foutues bestioles qui pompent le sang de ton pauvre clébard famélique. L’éthique, c’est avant tout faire le choix de la morale, du respect, c’est s’inquiéter des autres plus que de nous-mêmes et c’est justement ce qui manque de plus en plus au monde dans lequel nous vivons. Si bien que cette étonnante discipline philosophique figurera bientôt au rang des souvenirs lointains et brumeux d’une époque à jamais révolue.

Facebook fédère plus de 500 millions d’utilisateurs et le service est valorisé à des milliards et des milliards de dollars. Autant dire qu’il s’agit d’un acteur majeur, incontournable, du web, mais ce flagrant succès ne lui octroie nullement le droit de profiter de la situation. A une époque pas si lointaine, c’est Microsoft et sa politique tout aussi discutable que nous pointions d’un doigt accusateur. Nous hurlions à l’ingérence (soyons fous) lorsque ce dernier permettait à Windows d’envoyer des rapports détaillés sur nos pauvres machines essoufflées et abîmées par des années de servitude.

Nous avions raison. Nous nous devions de manifester notre mécontentement et de prévenir tous ceux qui n’avaient pas la possibilité de juger de la gravité de la situation. C’était notre rôle et nous avons été nombreux à l’endosser et à prendre sous notre aile ces laissés-pour-compte du numérique. Nous étions jeunes, nous nous sentions valeureux et nous n’aurions pas eu plus fière allure sur un beau et puissant destrier.

Et aujourd’hui, alors que Facebook en fait de même et profite largement de l’inconscience des internautes, tout le monde semble trouver ça normal. Après tout, si c’est écrit dans les CGV, si les gens ne les lisent pas, s’ils ne font pas attention aux informations qu’ils divulguent, ce n’est pas de notre faute, cela ne nous concerne pas. On n’y peut rien, c’est leur vie, pas la notre.  Et comme le dit le célèbre adage, à chacun sa vie, à chacun ses emmerdes. Nous, on sait, nous, on fait attention, nous, on ne craint rien donc pourquoi s’en inquiéter ?

Peut-être parce que personne ne le fera à notre place.

Con de populiste, va.

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