Facebook obligé de courber l’échine face au gouvernement de Singapour

En mai 2019, Singapour a adopté une loi concernant les fake news. L’adoption de cette loi a fait naître une vague de crainte étant donné qu’il s’agit d’un pays dirigé par un parti unique et que cela reviendrait à donner tous les pouvoirs au gouvernement.

Face aux critiques de l’opinion publique qui a vu dans cette loi une entrave à la liberté d’expression, le ministre de l’Intérieur s’était défendu en expliquant qu’il n’était pas question de contrôler les opinions, mais qu’une « société démocratique doit faire la distinction entre l’information et la désinformation. »

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Plusieurs mois après son adoption, cette loi fait de nouveau parler d’elle et c’est Facebook qui en désormais fait les frais.

Le gouvernement singapourien fait pression sur Facebook

Le 30 novembre 2019, à la demande du gouvernement singapourien, Facebook a publié un message dans lequel il déclaré qu’une des publications présentes sur la plateforme contenait de fausses informations.

Les autorités singapouriennes ont exigé la publication de cet « avis rectificatif » après qu’un article publié sur un site anti-gouvernemental contenant, selon leurs dires, des « accusations diffamatoires » de manipulations des élections ait circulé sur la plateforme.

L’article en question a été publié par Alex Tan, dirigeant du site States Times Review.

Facebook obéit aux autorités

Facebook ne peut pas aller à l’encontre de la loi. Le réseau social a donc obtempéré et a indiqué dans un message qu’il était « dans l’obligation légale de vous informer que le gouvernement de Singapour assure que ce message contient de fausses informations. »

« Comme l’exige la loi de Singapour, Facebook a placé un avertissement sur ces messages qui contiennent de fausses informations selon le gouvernement de Singapour. Étant donné que la loi n’est entrée en vigueur que récemment, nous espérons que les assurances du gouvernement de Singapour selon lesquelles elle n’aura pas d’impact sur la liberté d’expression conduiront à une approche mesurée et transparente pour sa mise en œuvre. » a déclaré un porte-parole de Facebook.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement singapourien applique sa loi sur les fake news. Le 25 novembre 2019, les autorités avaient déjà demandé à Brad Bowyer, un membre de l’opposition, de publier un avis rectificatif similaire sur Facebook.

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