Facebook a supprimé des comptes appartenant à des militaires du Myanmar

Alors que des experts ont tiré la sonnette d’alarme depuis 2014 sur le rôle joué par Facebook dans les violences qui sont perpétrées au Myanmar à l’égard de la population minoritaire musulmane Rohingya, la réaction de la plateforme s’est non seulement fait attendre, mais elle n’a pas non plus eu l’effet escompté.

C’est seulement lorsque les enquêteurs de l’ONU ont publié, le 27 août 2018, un rapport établissant le lien entre la campagne de génocide menée sur le réseau social et les massacres, les viols collectifs et la destruction de villages entiers au Myanmar que Facebook a finalement pris des mesures drastiques.

Le réseau social a reconnu dans un article de blog que la plateforme n’a pas été particulièrement réactive face à la situation au Myanmar. Facebook a décidé d’interdire un certain nombre de comptes militaires et de pages faisant la promotion de campagnes de génocide, de sa plateforme.

Parmi ces comptes et pages suivis par près de douze millions d’utilisateurs figure entre autres le compte du général Min Aung Hlaing qui est le commandant en chef des forces armées du Myanmar.

L’ONU accuse les militaires du Myanmar

Les enquêteurs des Nations Unies ont établi que les massacres, les viols collectifs et la destruction de villages entiers, qui sont de graves crimes au regard du droit international, avaient été orchestrés par les militaires du Myanmar. Facebook a déclaré que les pages et comptes qu’il a désormais suspendus ont servi à attiser les tensions religieuses et ethniques dans ce pays d’Asie du Sud-Est.

Facebook a mentionné les conclusions de l’ONU dans son billet de blog et a déclaré qu’il allait prendre des mesures pour empêcher l’utilisation abusive de sa plateforme au Myanmar. Pour cela, le réseau social a interdit 18 comptes et 52 pages.

Des mesures loin d’être suffisantes

La plateforme a fait passer le nombre de modérateurs de contenu birmans locaux de deux, en début 2015, à 60 depuis le début de cette année 2018.

Si Facebook a toujours essuyé des critiques concernant la lenteur de ses réactions, le réseau social s’est défendu en arguant que les utilisateurs ne le notifiaient pas de ces publications abusives.

Il reste difficile de distinguer les personnes qui cherchent à attiser la haine des personnes qui ne font que partager des informations. En avril 2018, un chercheur local a déclaré au New York Times que même en utilisant l’outil de notification de Facebook, celui-ci tardait à prendre les mesures qu’il faut, à supposer qu’il les prenne.

Les événements qui se déroulent actuellement au Myanmar prouvent indubitablement que le réseau social n’en fait clairement pas assez au niveau de la modération des contenus.

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