Facebook suspend les applications de Crimson Hexagon

Facebook se sait contraint de suspendre les applications de Crimson Hexagon d’une part parce que la société spécialisée dans les analyses électorales et d’autre part parce que la firme est soupçonnée d’avoir des liens avec un organisme proche du Kremlin.

De plus, l’opinion publique garde un mauvais souvenir du coup de génie de Cambridge Analytica lors de la dernière élection présidentielle.

La société anglaise a subtilisé les données personnelles de 87 millions d’utilisateurs Facebook. Des journalistes de France 2 ont découvert entre autres qu’elle utilisait ces données pour cibler des profils d’électeurs hésitants dans trois états US clés : le Michigan, le Wisconsin et la Pennsylvanie.

On peut comprendre que Facebook anticipe le même scénario alors qu’on approche aux Etats Unis des élections de mi-mandat.

Le spectre de Cambridge Analytica

Le cabinet d’analyse rachète habituellement les données personnelles, à l’insu de leurs propriétaires, auprès des banques, des sociétés de crédit, de la sécurité sociale… La firme anglaise les rachète également auprès des géants du web comme Facebook, Google ou Twitter.

Le but est de créer des données uniques sur la personnalité des utilisateurs associées à la prise de décision et la motivation.

Cambridge Analytica compilait plus de 5.000 données personnelles pour chaque électeur : la vie citoyenne, les habitudes de consommation, le style de vie, l’avis sur le port d’arme, etc. Dans les 3 états-clés, l’agence ciblait particulièrement les personnes névrosées, hésitantes ou inquiètes, celles susceptibles d’entendre les discours du candidat Trump.

Le dark post, une arme électorale imparable

A l’image de Cambridge Analytica, Crimson Hexagon utiliserait également la technique du dark post. C’est un message personnalisé adressé à un électeur-cible. Le post apparaît dans son fil d’actualités à une heure précise et s’efface automatiquement de l’historique quelques minutes après. Le dark post est notamment utilisé pour répandre des rumeurs inquiétantes sur le camp adverse.

Facebook veut montrer patte blanche en suspendant les applications de Crimson Hexagon. Le réseau social peine néanmoins à rassurer, d’autant que certains chercheurs le soupçonnent d’avoir été de mèche avec Cambridge Analytica en 2016.

Malgré les excuses récurrentes de Mark Zuckerberg et les efforts entrepris depuis, sa plateforme peine à redorer son blason.

Mots-clés facebook