Facebook traque les annonces politiques en dehors de son outil CrowdTangle

Le mois dernier, Reuters nous a appris que Facebook poursuit publiquement les contenus politiques sponsorisés suite aux mèmes payés par le candidat américain démocrate Michael Bloomberg parus sur Instagram dans le cadre de sa campagne présidentielle.

En effet, des élections présidentielles devraient se tenir dans le courant de cette année 2020. Michael Bloomberg mène effectivement une grande campagne offensive sur les réseaux sociaux dans le but de remporter les élections en novembre prochain contre l’actuel président des États-Unis, Donald Trump.

Pour ce faire, le candidat ne lésine pas sur les moyens financiers et est allé jusqu’à travailler avec un collectif de créateurs de memes populaires appelé Meme 2020 pour publier des contenus politiques sponsorisés sur Instagram au cours des dernières semaines.

Facebook exige que les annonces politiques soient mises à l’écart des autres publicités

En début de février, Facebook a déclaré qu’il permettrait aux candidats aux élections présidentielles américaines de diffuser des annonces sponsorisées sur ses plateformes de réseaux sociaux. Toutefois, l’entreprise numérique a souligné que ce genre de contenus ne s’afficherait pas dans sa bibliothèque générale d’annonces.

Facebook a ainsi ajouté une nouvelle colonne dans son outil de suivi des médias sociaux CrowdTangle pour afficher les contenus sponsorisés par les candidats à la présidentielle. Mais pour apparaître dans cette nouvelle colonne, les influenceurs devront utiliser l’outil de contenu de marque Facebook, qui leur permet d’afficher clairement dans un sous-en-tête officiel que la publication est sponsorisée par un candidat aux élections.

Les régulateurs exigent que les annonces politiques soient étiquetées comme telles

Bien que la Federal Election Commission des États-Unis ne régisse pas explicitement les influenceurs des médias sociaux, elle exige que les communications publiques en ligne relatives à l’élection ou à la promotion d’un candidat en particulier contre une rémunération incluent une clause de non-responsabilité qui informe qui a payé le contenu politique. La Federal Trade Commission a également stipulé que les influenceurs des médias sociaux et les créateurs de contenu étiquettent clairement les articles sponsorisés.

Le réseau social a ainsi contacté l’équipe de Bloomberg pour leur demander d’utiliser cet outil spécifique pour divulguer leurs annonces publicitaires. Le directeur de la gestion des produits de Facebook, Rob Leathern, a ainsi déclaré que les créateurs de contenus qui avaient précédemment enfreint les normes communautaires de l’entreprise pourront ne plus être autorisés à utiliser l’outil de divulgation des contenus politiques.

Facebook se montre intransigeant sur l’utilisation de ses outils de divulgation

De leur côté, Sabrina Singh, la porte-parole de la campagne Bloomberg, a assuré que:

Nous insistons sur une transparence maximale possible sur l’ensemble de notre contenu et exigeons que les créateurs respectent les exigences de divulgation de la FTC sur le contenu sponsorisé. Dans la mesure du possible, nous poussons les créateurs à utiliser des outils de divulgation de contenu de marque spécifiques à la plateforme. Cependant, les outils de compte d’entreprise de base ne sont pas mis à la disposition de tous les créateurs Facebook et Instagram, donc dans ces cas, nous exigeons la divulgation de copie recommandée par la FTC.

En tout cas, un représentant de Facebook a déclaré dans un communiqué que l’entreprise n’a pas « de visibilité sur les relations financières qui se déroulent sur nos plateformes, c’est pourquoi nous avons demandé aux campagnes et créateurs d’utiliser nos outils de divulgation. Sur le sujet plus large du contenu de marque politique, nous nous félicitons des directives plus claires des régulateurs ».

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